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En raison de la crise inédite que traverse l’industrie de l’acier en Sarre, le Ministre-Président Tobias Hans (CDU) en appelle à la chancelière Merkel. Le SOS lancé de Sarrebruck signifie clairement que la région, déjà lourdement endettée, n’aura pas les moyens de faire face seule aux répercussions de la crise qui pourrait voir disparaître un emploi sur cinq dans le secteur de l’acier. Les entreprises en difficultés, Saarstahl et Dillinger Hütte, font en effet partie des plus gros employeurs de Sarre. Hans s’inquiète du fait que la nouvelle loi énergétique fraîchement votée par le Parlement et qui prévoit d’augmenter les coûts pour les rejets de CO2, n’aggrave la situation. Pour lui, il s’agit d’un problème global, voire international. Il attire l’attention de la chancelière sur la nécessité de sauver les produits « made in Germany ». En effet, l’acier allemand, produit dans des conditions environnementales strictes, est concurrencé par les produits venus de Chine où les standards écologiques et sociaux sont nettement plus bas. Hans souhaite que l’industrie de l’acier soit soutenue par le gouvernement fédéral allemand à l’image de la filière énergétique. En effet, Berlin a décidé la fermeture de toutes les centrales à charbon d’ici 2038 et a d’ores et dèjà promis 40 milliards d’euros d’aide pour les régions concernées. Les Sarrois espèrent également de l’aide de leur compatriote Peter Altmaier, Ministre fédéral des finances et originaire de la région de Sarrelouis. Celui-ci ne s’est pas dit fondamentalement hostile à un programme d’aide spécifique mais refuse une enveloppe globale. Parallèlement, la Sarre essaie de se solidariser avec les autres régions allemandes productrices d’acier afin d’augmenter la pression sur Berlin.