À LA PHILHARMONIE LUXEMBOURG


Le célèbre film de Carl Dreyer, La Passion de Jeanne d’Arc, sera mis à l’honneur lors de la soirée du 28 avril à la Philharmonie Luxembourg. À défaut de retrouver la parole, ce chef d’œuvre du cinéma muet pourra compter sur les voix du réputé Orlando Consort pour lui apporter la profondeur vocale qui lui manque tant.

Deux en un. Les amateurs de cinéma et de musique seront choyés le mercredi 28 avril dans le grand auditorium de la Philharmonie Luxembourg. Comme cela arrive parfois entre les murs de l’institution grand-ducale, la soirée sera consacrée à un ciné-concert mettant à l’honneur un des chefs d’œuvre du cinéma muet : La Passion de Jeanne d’Arc. Sorti sur les écrans en 1928, ce grand classique du 7e art a été classé en 2012 dans le top 10 des meilleurs films de tous les temps par le magazine Sight & Sound. L’actrice Renée Falconetti (secondée par Antonin Artaud) le porte littéralement sur ses épaules et lui confère toute son intensité dramatique. Il faut rappeler que le metteur en scène danois Carl Dreyer avait à l’époque refusé le boulevard de la reconstitution historique, préférant se limiter au drame intérieur de l’héroïne. Le recours important aux gros plans témoigne d’ailleurs de ce parti pris, et avec succès. 

La Passion de Jeanne d'Arc concert Philharmonie Luxembourg

©DR

Pour trouver une trame sonore qui soit digne de ce sommet de l’expression du sacré, il fallait recruter un ensemble vocal qui soit lui aussi la hauteur pour donner à cette œuvre majeure tout l’éclat qu’elle méritait. L’apparition dans le décor d’Orlando Consort est tout sauf un hasard. Fondé en 1988, le quatuor britannique est un habitué des récompenses, mais surtout un grand spécialiste de la musique médiévale et Renaissance. 

Il faut préciser que ce n’est pas la première fois que le film de Dreyer bénéficie d’une version sonore. En 1951 déjà, Joseph-Marie Lo Duca – un des fondateurs des Cahiers du cinéma – s’était penché sur la question. Il en était sorti un florilège musical mêlant Bach, Vivaldi, Beethoven et Scarlatti, entre autres compositeurs convoqués. À l’époque, le cinéaste n’avait guère été emballé par le résultat, et pas davantage par les autres moutures qu’il avait pu entendre de son vivant. Jusqu’à ce que l’ensemble Orlando Consort lui propose un accompagnement plus conforme à ses attentes. 

Composé du contre-ténor Mark Venner, des ténors Mark Dobell et Angus Smith, ainsi que du baryton Donald Greig, l’ensemble Orlando Consort est reconnu pour avoir tiré de nombreuses œuvres de l’oubli. C’est également une formation musicale très prolifique, qui compte plus de 30 enregistrements à son actif, principalement chez Hyperion Records. Le célèbre label Deutsche Grammophon figure aussi parmi ses collaborations. S’il collectionne les récompenses, le quatuor récolte aussi les louanges partout où il se produit. Le Los Angeles Time a ainsi souligné « l’érudition et l’imagination qu’il déploie en travaillant sur le passé », tandis que le Boston Globe a salué la performance de ses chanteurs, « des modèles d’intonation concentrée et de transparence texturale ». N’oublions pas le New York Times, pour qui « les quatre voix de l’Orlando Consort sont l’équivalent d’un excellent quatuor à cordes pour la musique médiévale et Renaissance ».

Gageons que leur performance du 28 avril sera à la hauteur de cette envieuse réputation. 

Le mercredi 28 avril, à 20h, dans le grand auditorium.

Renseignements et réservation :

www.philharmonie.lu