Claude Léonard, médecin et ancien sapeur-pompier volontaire, a été notamment maire de Montmédy, sénateur UMP pour la Meuse, conseiller régional et départemental. Désormais, il préside le Conseil Départemental de Meuse avec une confortable majorité.
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Vous avez été nommé durant de rapides primaires en interne comme candidat de la droite après avoir présenté votre « projet et vision du fonctionnement ». Quels sont ils ?

J’ai en effet proposé aux membres du groupe de la majorité départementale des perspectives d’avenir de notre institution et une méthode de travail. Notre projet commun et partagé consiste d’abord à répondre à l’équation budgétaire face à laquelle nous place l’État en réduisant de manière drastique ses dotations. Je dois reconnaître l’excellent travail réalisée par l’ancienne majorité et notamment celui de Denis Cordonnier sur le sujet. Nous aurons ensuite à cœur de poursuivre le travail initié ces dernières années et doter la Meuse d’équipements performants et forts, comme ceux liés au numérique ou à la téléphonie mobile. L’économie départementale et la mémoire sont deux autres pans du projet « Meuse ». Les arrivées de Safran, Arelis et Shenan sont des indicateurs forts de notre capacité à accueillir des entreprises innovantes et performantes. Il convient dorénavant de capitaliser sur ces projets en veillant à poser les bases d’une attractivité économique pour accompagner d’autres installations sur l’ensemble du territoire meusien. Je veillerai à appliquer une méthode de travail qui repose sur les compétences de chacun et à chercher le plus large rassemblement possible.

L’OPH à Serge Nahant, à qui échoit le SDIS ?

En effet, il a été récemment réélu à la présidence de l’OPH, ayant l’expérience et les qualités requises pour accompagner l’évolution de cette structure. Quant au SDIS, j’en garde la présidence pour l’instant, souhaitant m’impliquer davantage dans ce milieu que je connais bien et affectionne. Dominique Bussereau, nouveau président de l’ADF, m’a par ailleurs sollicité pour mener un groupe de travail au niveau national sur ces structures, ce que je ferai volontiers dans l’intérêt du SDIS 55, de la Meuse et des départements ruraux qui sont intégrés dans une commission mixte nationale SAMU-SDIS pour le problème du secours à la personne.

Le CD est paritaire, des responsabilités seront-elles dévolues aux femmes de l’assemblée ?

La loi relative à l’élection des conseillers départementaux a modifié le contexte des élections cantonales connues jusqu’alors et implique la parité, ce dont je me réjouis. Sur ma proposition, nous avons souhaité un exécutif de 10 vice-présidences dont 5 sont revenues à des femmes, une première en Meuse. Elles occupent des fonctions importantes et fortes à l’instar de Martine Joly, 2e vice-présidente à la Famille et l’Enfance. Hélène Sigot-Lemoine, 4e vice-présidente à l’Éducation, Elisabeth Guerquin, 8e vice-présidente aux Culture, Sports, Loisirs et Jeunesse. L’Autonomie échoit à Véronique Philippe, et Danielle Combe a la lourde tâche de mener à bien la politique environnementale. D’autres élues président des commissions techniques ou seront nommées prochainement conseillères déléguées.

Quelles sont, étant à la tête du GIP objectif Meuse, vos priorités en termes d’investissements pour le département ?

C’est un véritable atout dans le développement économique du département. Je souhaite favoriser l’implantation de projets structurants sur nos territoires à l’instar de nos voisins haut-marnais. Le GIP sera présent dans les projets économiques ou d’aménagement du territoire pertinents pour les Meusiens, comme par exemple celui de la RN 135 ou l’aide aux entreprises.

Où en est le dossier CIGEO, porté par ce GIP, revenu au Sénat en avril, Monsieur Longuet ayant porté un amendement portant sur la réversibilité, repoussant l’échéance « J’ai le sentiment que CIGEO est un peu la patate chaude du Gouvernement. »initialement prévue en 2015 à 2017 ?

Il est vrai que j’ai le sentiment que CIGEO est un peu la patate chaude du Gouvernement. Ce dernier ne sachant quoi en faire, il est présent dans les derniers projets de loi portés par la ministre de l’Écologie ou encore dans celui d’Emmanuel Macron. Les semaines à venir devraient nous apporter davantage de précisions.

Quelles sont vos priorités en matière d’aménagement du territoire ?

Le CD peut apporter beaucoup en matière d’aménagement du territoire. Notre priorité concerne le numérique et la téléphonie mobile. L’enjeu est fort, créateur de bien être pour les Meusiens et de richesse pour les entreprises. Il n’est pas normal que dans les grandes villes de France, nous surfions 5 fois plus vite que dans des départements ruraux et sur ce point nous devons être très vigilants à ce que le fossé territorial ne se creuse pas davantage, à l’heure où l’État se désengage et incite les citoyens à faire le maximum de démarches sur internet. Cette ambition sera menée en parallèle par l’accompagnement du CD dans des initiatives structurantes comme celle de la RN 135, où l’État me semble déterminé à aboutir, ou encore le contournement de Verdun.

Vous reprenez en cours le dossier du centenaire de la commémoration de 14-18, comptez-vous poursuivre l’action du CD ou le faire évoluer?

Le centenaire de la Grande Guerre est un dossier prioritaire pour nous. Il me faut d’ailleurs saluer l’action de mon prédécesseur Christian Namy et de son assemblée sur ce dossier. Tout l’enjeu réside dans la bonne organisation de cet événement, dont l’apogée sera la venue du président de la République le 29 mai 2016, et à faire en sorte que ces outils soient pérennes pour une activité touristique de mémoire forte sur le territoire. Nous allons nous doter d’un GIP champs de bataille ayant pour objectif de mener à bien cet enjeu en lien avec les partenaires nationaux et locaux comme la mission Histoire du département dont la nécessité se vérifie chaque jour. L’objectif majeur est de réussir l’après centenaire !

Vous êtes à la tête d’un département rural aux prises avec les prédateurs : comptez-vous prendre des mesures préventives à cet égard ?

Voilà bien longtemps que le loup n’a plus fait parler de lui en Meuse. Nous avons perdu sa trace… S’il venait à tuer de nouveau, j’engagerai avec André Jannot, vice-président en charge de l’Agriculture, les mesures nécessaires. Cependant, je tiens à préciser que ce dossier ne dépend pas directement du conseil départemental et que le vrai problème de fond est de savoir quelle place nous donnons à ce prédateur en France ? Les coûts liés aux compensations et aux réparations avoisinent les 20 millions d’euros par an ce qui est énorme. Cette situation provoque un double impact : économique avec la mise en péril de la filière ovine en Meuse et psychologique avec la forte inquiétude des éleveurs concernés.

Avec la réforme territoriale, la Meuse, rurale et faute de masse critique suffisante pour abriter de grandes métropoles, pourrait préserver ses prérogatives départementales, que préconisez-vous ?

Conserver nos compétences est une bonne chose, mais nous donner les moyens pour les mettre en œuvre est mieux. Il est évident que les mois à venir «En matière d’aménagement du territoire, notre priorité concerne le numérique et la téléphonie mobile»seront déterminants pour la Meuse. Le projet de loi NOTRe est toujours en débat au Parlement. Je salue au passage l’action de nos parlementaires pour défendre les intérêts meusiens dans ce dossier. Les retournements de situation de dernière minute du Gouvernement nous obligent à la plus grande prudence dans cette affaire. Ce que je peux dire avec conviction, c’est que le CD prendra ses responsabilités, assumera pleinement ses nouvelles compétences et engagera un partenariat avec ses voisins ruraux dans le cadre de la coordination et dans un souci de mutualisation.

L’éloignement des instances grand-régionales à Strasbourg pourrait laisser craindre un « oubli » de la Meuse, comment diminuer ce risque?

Dès mon élection, j’ai pris ce dossier à bras le corps et ai rencontré mes homologues des 10 départements de l’ALCA. Une rencontre regroupant les présidents des CD concernés devrait d’ailleurs se tenir prochainement, je l’espère en Meuse. Notre position dans cette région est centrale, à proximité de grandes capitales européennes. Il ne faut pas subir mais jouer cette évolution comme une opportunité pour nous à mi-chemin entre Paris et Strasbourg. La Meuse est une terre d’avenir, avec des atouts solides, il est impératif que notre territoire rural soit écouté à Strasbourg ou ailleurs. Comme l’ensemble de mes collègues conseillers départementaux, je m’y impliquerai avec force et détermination.