La-grande-santé (©DR)« J’entends simplement que je n’ai pas de cancer, pas eu d’AVC et pas de virus non plus. C’est donc avec une sorte de soulagement que je découvre ma maladie : la SLA. Le professeur Z., dont je continue à scruter attentivement les traits, à l’air étonné de ma réaction ». Et pour cause, la sclérose latérale amyotrophique, plus connue sous le nom de maladie de Charcot, est une maladie centrale du système nerveux. Les neurones ne répondent plus aux ordres envoyés par le cerveau. C’est une maladie dégénérative dont on ne sait pas, pour l’heure, comment guérir. Frédéric Badré apprend, en juin 2012 –il a alors 47 ans-, qu’il en est atteint. Toute sa vie va alors se modifier. Au fil des mois, il le sait, ses muscles vont « fondre » et la paralysie va le gagner. Mais lui l’artiste et l’écrivain, – il est notamment l’auteur d’une biographie de Jean Paulhan et d’un essai L’avenir de la littérature, choisit d’évoquer ce mal dans La grande santé sans pour autant consacrer le livre à la (seule) maladie qu’il explore néanmoins. Il raconte aussi son amour pour la littérature et la musique. Pour le « beau », son « antidote ».  Il dévoile le combat qu’il mène contre son  propre corps,  la « force de vivre », également, qui l’anime au quotidien. « Les forces me manquent, et bientôt, je ne pourrai plus parler. Un robot, peut-être, exécutera à ma place les ordres de mon cerveau. Nous verrons bien », écrit-il encore alors qu’il est petit à petit privé de la parole et que l’immobilité le gagne.