Femme politique, Marie-France Garaud a régné, depuis la coulisse, sur la vie politique française dans les années 70/80. C’est elle qui a notamment lancé la carrière d’un certain Jacques Chirac. Le journaliste Olivier Faye lève le voile sur cette femme que l’on connait finalement peu.

« Mon interlocutrice est juchée sur un fauteuil qui la fait trôner une tête au-dessus de moi. Les années lui ont pourtant ployé le dos. ‘Vous voulez boire quelque chose ? me demande-t-elle. Je vais appeler ma soubrette’. Un café, merci madame. Première découverte : il se trouve encore des gens pour qualifier de ‘soubrette’ une aide-ménagère ». Olivier Faye n’a pas 30 ans lorsqu’il rencontre La Conseillère, autrement dit Marie-France Garaud, pour lui consacrer alors un article. Il confie n’en mener pas large. Il faut dire qu’à l’évocation de son nom, des images reviennent en tête (pour qui a plus de 50 ans, surtout). Le visage d’une femme à l’air sévère, avec son fameux chignon. Son allure raide, ses tailleurs impeccables. Sa présence dans l’ombre de Pompidou, entre 1969 et 1974. « Les autres se souviennent de la candidate à la présidentielle de 1981, qui effrayait les petits enfants devant leur poste de télévision en prédisant l’invasion des chars de l’Armée rouge », écrit aussi Olivier Faye. C’est elle, aussi, qui a lancé la carrière de Jacques Chirac, avant que son « poussin » ne finisse par lui échapper. Marie-France Garaud en a fait et défait des carrières. Elle a été l’une des femmes les plus puissantes de la France contemporaine. Pendant près d’une décennie, Marie-France Garaud a régné depuis la coulisse sur la vie politique de notre pays. Mais, jusqu’à présent, personne n’avait jamais raconté l’histoire de cette figure politique née en mars 1934 à Poitiers (Vienne) qui était avocate et haut fonctionnaire. Cette enquête documentée et vivante jette enfin la lumière sur une femme iconique, la première « spin doctor » à la française. Olivier Faye est journaliste au service politique du Monde, chargé du suivi de l’Élysée.