Simon Hureau transforme le jardinage amateur en véritable aventure : dans L’Oasis, petite genèse d’un jardin biodivers, il raconte sa démarche instinctive en harmonie totale avec la nature. Chez Dargaud.

Mais oui, cette couverture est très jolie. Et toutes ces couleurs délicates, ces croquis d’insectes et de plantes innombrables qui parsèment chaque page ou presque ! L’Oasis, c’est effectivement un petit bonheur graphique au trait et aux teintes simples et élégants, mais c’est aussi et surtout un manifeste pour une faune et une flore libres. Lorsque Simon Hureau s’installe dans un petit pavillon avec sa famille, il veut expérimenter, découvrir et défricher au sens propre comme au figuré, laisser faire la nature sauvage et voir ce que ça donne. Exit les sévères haies de Thuya, bienvenue à la vigne et au buis. Chèvrefeuille, rosiers, lavandes, arbres fruitiers, ifs, sureau, aubépine et autres cohabitent dans un joyeux bazar où l’harmonie se met en place toute seule. Notre néo-rural n’y connaît pas grand chose mais ne manque pas de bonne volonté et plante à tout va, se penche sur la construction d’une mare, met même à jour un véritable trésor caché sous terre…

Au premier abord, l’album est d’une lecture rafraîchissante et agréable, puis on se pique de curiosité même si on n’a jamais touché une bêche de sa vie. Et rapidement on est impatients de connaître la suite de cette véritable aventure au sein d’un jardin qui prend vite des airs de jungle. Insectes et animaux sont plus que tolérés, ils sont chouchoutés dans une petite école de la nature dont le gardien privilégie la récupération, la culture et l’entraide à l’achat et au gâchis. Bien documenté mais jamais technique, L’Oasis ravira aussi ceux qui ont la main verte et sont ouverts à de nouvelles perspectives. Car l’album est surtout le symbole d’une conviction : redonner une place à la nature, la vraie, celle que l’on a oublié à force de vivre au milieu de terres aseptisées, contrôlées voire empoisonnées et détruites par notre souci d’ordre et de rendement.