En garantissant une scolarité au-delà de la pause-déjeuner pour tous les écoliers de primaire, l’Allemagne se rapproche du modèle français. Pour atteindre cet objectif au cours des prochaines années, les régions vont devoir rattraper leur retard. En Sarre et en Rhénanie-Palatinat, il manque de nombreuses places. 

Des écoliers de primaire qui passent leurs après-midis à l’école : ce qui correspond au quotidien des familles françaises donne déjà des sueurs froides aux ministres de l’éducation des régions allemandes. En effet, le Parlement vient d’adopter une loi garantissant une place à l’école pour toute la journée (« Ganztagsplatz ») à tous les écoliers qui feront leur entrée en primaire en 2026/2027. Si certaines écoles proposent déjà ce type de modèle aujourd’hui, ce n’est pas le cas de tous les établissements. Selon une étude de l’université technique de Dortmund (TU) consacrée à ce sujet, il manquerait rien qu’en Sarre entre 6 500 et 9 000 places, ce chiffre variant en fonction du nombre de familles qui souhaitent effectivement ce type de scolarité pour leur enfant. Car si l’école toute la journée se devra d’être proposée à tous les parents, elle ne sera pas obligatoire et continuera à coexister avec des cursus concentrés sur les cours du matin.

En Rhénanie-Palatinat, près de 85 % des écoles fonctionnent déjà sur une journée entière selon le ministère régional de l’éducation. Afin d’atteindre l’objectif fixé et en prenant en compte l’évolution démographique du Land, les chercheurs de la TU ont évalué le nombre de places supplémentaires à créer en Rhénanie-Palatinat entre 32 000 et 43 000. Cette perspective nécessite de gros investissements des régions pour recruter des instituteurs mais également pour agrandir ou même construire de nouvelles écoles. Le gouvernement fédéral de Berlin a promis une aide de 3,5 milliards d’euros pour les infrastructures mais également de participer aux dépenses courantes entraînées par le rallongement des horaires.