John Carpenter, maître de l’angoisse au cinéma, est devenu un musicien électro à part entière avec ses Lost Themesdont le troisième volet Alive after death ressuscite les ambiances glacées de ses films.

Qui n’a pas encore, niché dans un coin de son cerveau comme un inquiétant parasite, le thème de Halloween, la nuit des masques, dont la musique a autant marqué le spectateur que le masque sans expression de son tueur Michael Myers ? La bande-son du troisième film de John Carpenter a la particularité, tout comme l’ensemble de sa filmographie (The Thing, Christine, Invasion Los Angeles, New York 1997, L’Antre de la folie…) d’être l’œuvre de son réalisateur ; un choix à l’origine essentiellement économique. John Carpenter a néanmoins imprimé, à une époque où la musique électronique en était à ses balbutiements, une atmosphère et une identité particulières à ses films à travers leur bande originale.

Au XXIe siècle, Carpenter cinéaste est pour ainsi dire à la retraite ; ses deux seuls films sur la période sont Ghosts of Mars et The Ward, ce dernier étant sorti en 2011. En plein revival 80’s, l’œuvre de John Carpenter connaît cependant une renaissance aussi bien à l’écran (la série Stranger Things en tête) qu’en musique avec le courant synth-wave, qui affectionne les vieux synthés et les ambiances grandiloquentes. Lost Themes III : Alive after death, comme ses prédécesseurs, est dans cette veine : on y retrouve avec un bonheur teinté de nostalgie le style du réalisateur/compositeur. Les notes d’orgues perdues dans la brume, les riffs saturés des guitares, les beats comme les battements du cœur qui s’accélère face à une menace tapie dans l’ombre, l’accélération subite rappelant la fuite d’une future victime… s’il ne tourne plus, John Carpenter continue à instiller l’angoisse et la fébrilité en passant directement par notre ouïe.