(© Youri Lenquette)
La Philharmonie Luxembourg s’apprête à accueillir Avishai Cohen, dans le cadre d’une soirée jazz placée sous le signe du mélange et de l’intuition partagée. Programmé dans une formule trio, le célèbre contrebassiste israélien sera aussi accompagné de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, dirigé pour l’occasion par Gast Waltzing.

Si vous aimez le mélange, Avishai Cohen (à ne pas confondre avec la version trompettiste, qui n’est pas le même artiste) est un musicien tout indiqué. L’ouverture fait partie de l’ADN de ce contrebassiste passé d’abord par des études de piano avant de changer d’instrument. Dire que le musicien israélien baigne dans l’éclectisme est un euphémisme, c’est même ce qui a construit sa réputation d’artiste plus en phase avec l’expérimentation musicale que le conformisme. Son plus récent album, intitulé From Darkness (2015), entouré du pianiste Nitai Hershkovits et du batteur Daniel Dor, n’a d’ailleurs pas dérogé à ce besoin d’entrelacer les sonorités et les influences, lui qui n’a pas hésité par le passé à mêler jazz, pop folklorique et musique classique. Un pari osé, mais à l’arrivée un public conquis.

Avishai Cohen est aussi reconnu pour son lyrisme renversant.Artiste aux multiples casquettes, lui qui est aussi compositeur et pousse parfois la chansonnette, Avishai Cohen est aussi reconnu pour son lyrisme renversant. Programmé le 24 mai à la Philharmonie Luxembourg dans une formule trio (basse, batterie, piano) qu’il affectionne tout particulièrement, surtout quand ses partenaires sont de vieilles connaissances, l’ancien pensionnaire de l’Académie de Musique et Arts de Jérusalem se produit aussi en quartet et sextet. C’est en 2005 qu’il a fondé le Avishai Cohen Trio, qui débouchera sur de nombreux disques et avec lequel il variera les collaborations. Membre du célèbre label Blue Note depuis 2010, il a aussi lancé sa propre étiquette, Razdaz, en 2002, un gage d’autonomie de création dans ses expérimentations musicales, comme en atteste l’opus Lyla, sorti en 2003, avec ses influences pop et funk.

Inutile de rappeler que cette success story a commencé à New York, où cet Israélien issu d’une famille de musiciens est allé s’installer dans les années 90, affûtant son jeu dans différents clubs, au sein d’orchestres de musique latine, avant d’être remarqué par un certain Chick Corea, qui l’engagera pour des tournées et lui permettra par ailleurs de lancer son premier album, Adama, en 1998. Au cours de sa carrière, ce chouchou des festivals d’été a côtoyé des grands noms de la musique issus de divers horizons, que l’on pense par exemple à Herbie Hancock, Brad Mehldau ou encore Bobby McFerrin… Charismatique et expansif, le parrain du jazz israélien ne devrait pas décevoir le public luxembourgeois lors du concert prévu dans le Grand Auditorium et qui aura un enivrant parfum de voyage. 

Mercredi 24 mai dans le Grand Auditorium, à partir de 20h
www.philharmonie.lu


SOUS LE SIGNE DE LA COMPLICITÉ

Si la soirée du 24 mai sera placée sous le signe de l’ouverture et de la diversité, elle le sera aussi sous celui de la complicité. Pour Avishai Cohen, Omri Mor et Itamar Doari, eux aussi israéliens, sont en effet loin d’être des inconnus. Le contrebassiste connaît le premier depuis ses 16 ans. Le pianiste virtuose, révélé en 2010 par le Jazz Mix Festival de Tel-Aviv, a rejoint le trio de son compatriote en 2011.

Reconnu pour son répertoire aux influences multiples (jazz, classique et musiques latines notamment), Omri Mor compte parmi ses maîtres le saxophoniste américain Arnie Lawrence, aujourd’hui disparu. Un véritable père spirituel pour celui qui est aussi compositeur, ce dernier ayant confié un jour qu’il lui devait son premier concert et ce qu’il était devenu. Itamar Doari est un autre vieux complice.

Le natif de Galilée, lui aussi nourri aux mamelles de la variété musicale (arabe, turque, séfarade, bédouine…) est apprécié pour sa technique très diversifiée et sa maîtrise de nombreux instruments, entre autres le dahola, le darbouka, divers tambours ou encore les maracas.