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Le trio nOx.3, où l’on retrouve les Messins Rémi et Nicolas Fox, cultive l’amour des séquences répétitives associé à un certain esprit free.Avec Nox Tape, ils confirment leur statut de valeur montante de la scène française.

Après avoir étudié au Conservatoire d’Hagondange, à l’École de musique de Woippy et au Conservatoire de Metz, les frères jumeaux Rémi et Nicolas Fox sont « presque devenus des triplés » en s’associant au pianiste nantais Matthieu Naulleau, croisé au Conservatoire national supérieur de Paris. « Depuis mon récital de fin d’année à leurs côtés, j’ai toujours voulu qu’on forme un trio » raconte Rémi, le saxophoniste. Nicolas, le batteur, évoque aussi un concert d’Amon Tobin, pendant lequel le producteur brésilien manipule une foule de sons enregistrés puis arrangés : « On s’est dit : on veut faire ça ! » La culture de nOx.3 (prononcez « nox point trois ») est résolument mutante, entre jazz et musiques électroniques, au service d’une maîtrise hypnotique de la boucle. Via leurs machines, Nicolas et Matthieu manipulent une série d’enregistrements de basse, ajoutant à l’entité un quatrième membre fantôme. À l’occasion de leur concert au Marly jazz festival en juin dernier, le jeune groupe nous entraîne dans une spirale démoniaque avec leur morceau Expansion, qui enfle et se rétracte, grince et glisse, exploré par les trois compères depuis six ans. « On peut choisir de prendre une seule feuille d’une partition et la répéter à l’infini, la triturer, de manière parfois très complexe » indiquent-ils. En 2015, la formation remporte à l’unanimité le tremplin Rezzo Focal du festival Jazz à Vienne et se voit offrir l’occasion d’enregistrer un album sur le label Jazz village : Nox Tape. La bête nOx.3 peut s’emballer sur un album imprévisible mais jamais écrasant, traversé de fulgurances comme de subtilité et de délicatesse, porté par le groove venu d’ailleurs d’un groupe qui monte en puissance. 

Nox Tape, chez Jazz village.
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