jack (© DR)On court beaucoup dans le film d’Edward Berger, Jack. On court pour coller aux baskets d’un garçon attachant qui a grandi trop vite, contraint d’assurer le rôle de père de famille à cause d’une mère immature, davantage portée sur les hommes et la fête que sur l’éducation de ses enfants. Tenace et plein de ressources, Jack ne se laisse pas abattre, prenant sous son aile son petit frère Samuel. D’un naturalisme évoquant l’œuvre de Ken Loach, cette histoire tournée intégralement à Berlin est celle d’un amour inconditionnel. Car malgré l’attention défaillante de sa mère, Jack ne lui en voudra jamais, même lorsqu’il sera placé dans un centre d’hébergement, après un évènement qui viendra bouleverser le trio. Entre bienveillance et noirceur, ce récit d’un homme en culottes courtes surprend par son réalisme, en évitant les clichés et les angles trop ronds. Le jeune comédien qui incarne le héros (Ivo Pietzcker) est à la fois crédible et touchant. Ses aspérités lui donnent de l’épaisseur.