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La soirée du 23 mars fera souffler un vent de romantisme à la Philharmonie Luxembourg, sous le signe notamment d’Anton Bruckner et de sa 5ème Symphonie. Le public luxembourgeois retrouvera pour l’occasion le baryton allemand Christian Gerhaher, qui avait suscité l’enthousiasme lors de son dernier passage en novembre dernier.

Comme on se retrouve. Il y en a deux, le 23 mars prochain dans le Grand Auditorium de la Philharmonie Luxembourg, qui n’en seront pas à leur première collaboration, n’est-ce pas messieurs Daniel Harding et Christian Gerhaher ? Le second, baryton de son état, a notamment participé au concert d’ouverture de la saison 2016-2017 de l’Orchestre de Paris, avec pour nouveau directeur musical nul autre que son complice britannique, qui pour son baptême du feu s’était attaqué aux Scènes de Faust de Robert Schumann, une grande œuvre dramatique qu’il maîtrise parfaitement.

Nommé dans la capitale pour trois ans, il a succédé à l’Estonien Paavo Järvi, devenant au passage le deuxième Anglais seulement à occuper ce poste, après Sir Georg Solti, de 1972 à 1975. Gageons que ce chef francophone et francophile saura apprécier sa nouvelle expérience !Lorsque cette œuvre a vu le jour, Anton Bruckner, l’homme aux 11 symphonies traversait une des périodes les plus sombres de sa vie…Daniel Harding célébrera l’arrivée du printemps en compagnie d’un ensemble reconnu pour son haut niveau artistique, mais aussi son implication dans la formation et l’insertion des jeunes musiciens. On parle du Gustav Mahler Jugendorchester, qui a établi ses quartiers à Vienne en Autriche.

Depuis sa fondation en 1986 par le chef Claudio Abbado, cette formation au répertoire très étendu – du classique au contemporain, avec une prédilection pour les grandes œuvres symphoniques romantiques et post-romantiques – a vu passer quantité d’étudiants et de jeunes musiciens d’orchestre venus de toute l’Europe, après une sélection rigoureuse devant un jury. Sa forte réputation n’a pas tardé à attirer des chefs et des solistes de premier plan pour jouer à ses côtés.

Christian Gerhaher est l’un d’eux. Difficile de ne pas classer le chanteur allemand parmi les plus grands barytons actuels. Son dernier passage au Luxembourg, au cours d’une soirée 100% romantique où il s’était produit aux côtés du pianiste Gerold Huber (autre ami et complice), a d’ailleurs laissé un souvenir impérissable dans la tête des mélomanes. Une constante quand on sait que ce tandem est habitué aux récitals de haute volée, comme en juin 2015 à la philharmonie de Paris, avec un programme entièrement dédié à Mahler… (les amateurs ne se priveront pas d’écouter leurs nombreux enregistrements édités chez Sony Classical.)

Ce qu’on aime tant chez l’Allemand ? Entre autres sa voix claire et chaleureuse, ce timbre pénétrant quelle que soit l’intensité de la pièce, et surtout cette diction impeccable et d’une rare beauté qui précède cet interprète incontournable du Lied. Rien d’étonnant donc à ce que le soliste reprenne les Lieder avec orchestre d’Alban Berg. Des extraits de l’opéra en trois actes Alfonso und Estrella de Franz Schubert figurent aussi sur sa partition.

De son côté, le chef d’orchestre de Sa Majesté aura l’honneur de diriger la 5ème Symphonie d’Anton Bruckner, sans doute un des compositeurs les plus inclassables du 19e siècle. Lorsque cette œuvre a vu le jour, l’homme aux 11 symphonies traversait une des périodes les plus sombres de sa vie, ce qui explique sans doute pourquoi l’Adagio a été conçu en premier. Entre la première ébauche (1875) et son achèvement, il se sera écoulé trois ans. Véritable acte de foi de l’organiste-compositeur, cette 5ème Symphonie est considérée comme le premier grand sommet de son œuvre. Anton Bruckner n’aura pourtant jamais l’occasion d’entendre la partition (il décédera avant) de celle qu’il surnommait sa Fantastique, et qu’il avait dédiée à l’un de ses protecteurs, le ministre de l’Éducation Karl Ritter von Stremayr, à qui il devait sa nomination à l’Université.

Jeudi 23 mars, à 20h – Grand Auditorium
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