Sophie Marceau MP© Mathilde Petit FDC

L’exposition Portraits de femmes au Festival de Cannes à l’Hôtel de Ville de Metz présentera une série de clichés de la Messine Mathilde Petit, photographe officielle du Festival de Cannes depuis quatre ans. L’une des facettes d’un travail protéiforme tourné vers l’humain.

Pour Mathilde Petit, la photographie est vite apparue comme une évidence. Dès ses années de lycée à Metz, avant ses études en photographie à l’EFET à Paris, où elle vit désormais, elle introduit le médium photographique dans tous ses travaux. Un attrait qui remonte peut-être à l’enfance, où du fait de sa dyslexie elle regardait beaucoup les photographies dans les magazines. « Cette idée du souvenir qu’évoque une photo, et le fait que ce soit un moyen de communication universel, m’ont toujours attiré » explique la jeune trentenaire. Devenue photographe indépendante, elle couvre des événements divers, privilégiant l’exercice du portrait, s’approchant au plus près de l’humain dès que cela lui est possible à la recherche d’un contact et surtout d’une authenticité. L’argentique a sa préférence, même si elle confie qu’il est compliqué à utiliser d’un point de vue professionnel « avec cette tendance actuelle de tout vouloir tout de suite ».

Dans sa vie d’artiste, Mathilde Petit a connu plusieurs expériences marquantes, dont la plus troublante reste probablement son portrait de Francis Heaulme pris l’an dernier lors de son procès messin. À force d’insistance, elle parvient à le rencontrer dans une petite pièce au sein des geôles du Tribunal de Metz. « On y accède par un escalier dont la descente m’a paru interminable, raconte-t-elle. Ça a été un moment où je me suis posé beaucoup de questions sur moi-même et sur ma pratique. Pendant ces trois minutes face à lui, l’appareil photo était comme une protection… mais je voulais absolument faire son portrait, montrer que c’était un être humain malgré tout ce qu’il avait fait. » Dans un autre registre, Mathilde évoque son travail d’assistante de Roberto Battistini, célèbre pour son portrait de Gainsbourg en Dali, la rencontre avec l’artiste Philippe Pasqua dans son atelier ou avec le photographe de guerre Eric Bouvet.

Le plus grand tournant dans sa carrière sera le Festival de Cannes, pour lequel elle est photographe officielle depuis 2014. Elle y multiplie les portraits de stars, « un métier qui fait rêver et pour lequel j’ai pu profiter de conditions idéales. Le cahier des charges est strict, mais une fois intégré j’ai su trouver une certaine liberté. Ce fut une très bonne école. » A chaque édition, Mathilde prend près de 40 000 photos en treize jours pour les archives du festival, une somme immense dans laquelle elle s’est replongée à la demande du club Soroptimist de Metz, qui défend la condition féminine, pour une exposition inédite. Elle a ainsi sélectionné une trentaine de photos où apparaissent Catherine Deneuve, Marion Cotillard, Kristen Stewart, Monica Bellucci, Jessica Chastain, Uma Thurman, Isabelle Adjani… « une partie de ces portraits ont été pris lors d’une montée des marches organisée en 2018 pour plaider en faveur de l’égalité entre hommes et femmes au cinéma » précise la photographe. Pour l’occasion, une scénographie évoquant l’atmosphère du prestigieux festival viendra habiller le péristyle de l’Hôtel de Ville de Metz. Mathilde, qui il y a quelques années a travaillé dans le milieu de la mode et a également réalisé plusieurs séries où la vision de la femme est mise en perspective de différentes manières, a son propre regard sur ces images de stars. « Ces femmes actrices montrent à Cannes un visage qui est proche de celui qu’elles dévoilent au cinéma… ce n’est qu’une partie d’elles-mêmes, comme les modèles dans la mode, et, même, comme toutes les femmes que l’on peut observer dans la rue. »

Du 8 au 18 mars
dans le péristyle de l’Hôtel de Ville de Metz
dans le cadre du salon Talent de Femmes. Entrée libre
www.mathildepetit.com