Le diable s’habille en Gucci dans House of Gucci le nouveau film du prolifique Ridley Scott. Le cinéaste retrace le crime qui a secoué le monde de la mode dans les années 90 : l’assassinat de Maurizio Gucci par son ex-femme, Patrizia Reggiani. Une affaire au parfum de scandale qui mêle jalousie, trahison, cupidité et glamour, sur fond de manteaux en fourrure et de motifs flamboyants.

Milan, 27 mars 1995. Vers 8h30, Maurizio Gucci sort de son appartement afin de se rendre à son bureau. Cela fait quelques temps qu’il est ciblé par des menaces de mort. Mais peu importe, Maurizio traverse le carrefour qui sépare son logement de son lieu de travail, sans la protection d’un garde du corps. Alors qu’il s’apprête à gravir les marches de l’entrée du bâtiment, trois coups de feu retentissent : une balle le touche à la cuisse et deux autres atteignent son épaule. Maurizio s’accroche. Il faudra que le meurtrier lui tire une dernière balle dans la tête pour que l’héritier de l’empire Gucci rende l’âme, gisant à présent sur le perron du siège administratif de la marque de luxe. Les secours arrivent, bien trop tard, suivis de la police. Les badauds s’attroupent autour du corps. Mais qui se cache derrière cet odieux assassinat et comment a-t-on pu en arriver là ?

C’est ce que l’autrice Sara Gay Forden a tenté de décrire dans son livre The House of Gucci : A Sensational Story of Murder, Madness, Glamour, and Greed, paru en 2001. Et Ridley Scott a décidé de l’adapter sur grand écran. Le réalisateur britannique travaille à une vitesse folle : le mois dernier sortait en salle un autre de ses films, Le Dernier duel. Dans House of Gucci, on garde Adam Driver (qui interprète le rôle de Maurizio Gucci) mais on quitte la France médiévale pour l’Italie des années 70, 80 et 90. C’est un autre type duel, qui oppose cette fois-ci l’héritier de Gucci à son ex-épouse, Patrizia Reggiani. Car il apparaît très vite que cette dernière a commandité le meurtre du petit-fils du fondateur de la maison de couture de luxe. En mettant en scène trois décennies, le film s’applique à éclaircir deux mystères : expliquer le mobile de Patrizia Reggiani et surtout dévoiler ce qu’il s’est réellement passé.

Mais qui est cette meurtrière aux faux-airs d’Elizabeth Taylor ? Quand, dans les années 70, elle rencontre le fils de l’actrice italienne Sandra Ravel et de Rodolfo Gucci (petit-fils du créateur de la maison Gucci), Patrizia est une jeune femme fortunée. Son père adoptif, riche entrepreneur, l’a habituée à une vie de faste. Maurizio est loin d’être le premier homme à être tombé sous le charme de la mondaine milanaise, convoitée de toute part. Deux ans après leur première rencontre, ils se marient, d’abord sans la bénédiction du père de Maurizio. Il faudra attendre la naissance de leur première fille pour que Rodolfo approuve leur union. Le couple mène la grande vie, dans ses multiples propriétés, passe ses vacances au ski dans son chalet en Suisse ou à Acapulco.

En 1983, alors que Maurizio hérite bel et bien de l’empire familial, les ennuis financiers commencent pour la marque. En 1993, celui qui est à la tête de Gucci décide même de vendre ses parts au groupe d’investissement InvestCorp. Désormais, la maison Gucci n’appartient plus à la famille qui lui a donné son nom et sa vie. Dans le même temps, le couple de Maurizio et Patrizia bat de l’aile jusqu’à atteindre un point de non-retour : en 1985, l’homme d’affaires quitte femme et enfants pour s’installer avec Paola Franchi (jouée dans le film par Camille Cottin), une décoratrice d’intérieur dont il est tombé amoureux. Il faudra six ans pour que le couple Gucci soit officiellement divorcé. Patrizia est en colère : son ex-mari a détruit l’entreprise familiale et il s’amuse à dilapider tout son argent pour sa nouvelle compagne. De quoi nourrir une envie de vengeance, laquelle est accomplie le 27 mars 1995 donc. Bien entendu, le procès fait grand bruit : Patrizia clame son innocence. Elle sera tout de même condamnée en 1998 à 29 ans de prison, mais sera libérée de manière anticipée, en 2016. Elle est aujourd’hui consultante pour la marque de bijoux Bozart, même si son souhait le plus cher serait de réintégrer la maison Gucci bien sûr.

C’est Lady Gaga qui interprète celle que les tabloïds avaient choisi de surnommer « la Veuve noire ». Derrière un accent italien marqué et de longs ongles manucurés, la chanteuse et actrice campe le rôle d’une femme blessée et jalouse, mais aussi avide et calculatrice : elle est prête à tout pour faire payer à son ex-époux ses infidélités, à elle et à l’empire de mode créé par Guccio Gucci. Le reste du casting est des plus séduisants : on pourra retrouver Jeremy Irons, Al Pacino, Salma Hayek ou encore un Jared Leto méconnaissable dans le rôle de Paulo Gucci, le cousin de Maurizio.

Retrouvez House of Gucci le 24 novembre au cinéma