(© Dominique Georgel)

DANS LE CADRE D’OCTOBRE ROSE

Frappée d’un cancer du sein en 2012, Maryse Lallement a ouvert un blog qui a débouché sur un livre, La niaque de l’Amazone. L’écriture lui a permis de rester debout et de constituer ce qu’elle appelle « une tribu de la guérison ». Elle livrera un témoignage conté le 20 octobre à la MJC Pichon de Nancy.

Le cancer, on le subit où on l’affronte, mais on ne gagne pas contre un ennemi de cette taille en jouant perso. C’est un peu le message que tente de faire passer Maryse Lallement. Celui-là, et puis d’autres. « J’ai appris dans la rencontre avec le cancer et la mort à faire confiance en la vie. »Son envie de témoigner, érigée au rang d’apostolat, a débuté avec un blog intitulé La niaque de l’Amazone, qui lui a permis de rester debout et de se constituer, comme elle dit, « une tribu de la guérison ». Sa bouée de sauvetage. « J’avais un éléphant en face de moi et je savais que je ne pouvais pas le manger toute seule. » Un rituel s’est alors installé : « Tous les jours, je partais dans la nature avec ma chienne Moon, je réalisais une installation land art et j’écrivais. » Et puis le blog a donné lieu à un livre en auto publication limité à ses amis et qu’elle rêve désormais de publier avec le soutien d’un éditeur. Pourquoi l’amazone ? « Parce que ce sont des guerrières et qu’elles se coupaient le sein droit pour pouvoir manier leur arc », répond Pomme (son pseudo sur la Toile).
Apprendre qu’on intègre le club honni du « crabe » lors de la Journée internationale de la femme, c’est ce qu’a vécu cette Vosgienne. Cruelle ironie… C’était le 8 mars 2012. L’annonce de sa maladie fut le moment le plus dur à vivre. Une première épreuve, suivie d’autres, comme la perte des cheveux, « une sacrée atteinte à la féminité », ou encore devoir apprendre la terrible nouvelle à ses enfants. « Ça m’a pris 15 jours. Imaginer que je ne pourrais peut-être pas les voir grandir, c’était juste pas possible ! » Des confidences de ce genre, Maryse en déborde. D’une voix étouffée, presque inaudible par moments au bout du fil, elle raconte son combat pour la vie, en écartant de son passage les ronces du mélo, de la compassion, et tout ce qui pourrait faire pleurer dans les chaumières. C’est une autre musique que cette passionnée d’écriture et de jeux de mots s’efforce de faire entendre. Celle de l’espoir, dont le refrain pourrait être cette phrase : « J’ai appris dans la rencontre avec le cancer et la mort à faire confiance en la vie. » Rappeler aussi qu’il faut d’abord parier sur elle au lieu de céder à la fatalité et son sempiternel combat perdu d’avance. « C’est une épreuve, mais on peut s’en sortir ! », insiste-t-elle. À condition de se battre à plusieurs.
Comme pour tant d’autres femmes avant elle, ce fléau, dont elle utilise le nom avec parcimonie, l’a transformée. Elle va même jusqu’à dire que la chimio l’a aidée. « Avant, j’étais arrogante, j’ai dû apprendre l’humilité, à demander de l’aide. » « Juste pour dire qu’un autre chemin est possible »Et d’ajouter : « Je me suis dit que le cancer n’était pas arrivé dans ma vie par hasard, qu’il fallait que je transforme des choses qui ne fonctionnaient pas. » Et donner vie, aussi, à des rêves mis de côté, comme monter sur scène. Au nom de cette « impérieuse nécessité » de témoigner, « juste pour dire qu’un autre chemin est possible », en faisant entre autres référence à ces thérapies alternatives qu’elle a testées en parallèle du protocole, comme l’acupuncture et la sophrologie… Ce sera le cas le 20 octobre à la MJC Pichon de Nancy, à travers un témoignage mêlant son expérience et le conte (un univers dans lequel elle baigne), dans le cadre de l’opération Octobre rose, organisée par la mairie, le Cediff (Centre documentation et information des femmes et familles) de la cité ducale et l’association Symphonie. Deux autres rendez-vous ont été programmés dans cette ville à la Médiathèque Haut du Lièvre le 8 octobre et à la Médiathèque Manufacture le 11 octobre.
Aujourd’hui en pleine phase de reconstruction de sa vie et de son corps, « une étape aussi importante que le traitement », Maryse Lallement avance un pas à la fois. En se rappelant de ce jour où elle s’est posée cette question si déterminante sous un ciel menaçant : « Est-ce que j’ai envie de vivre ou de mourir ? »

Carnet de voyage en pays de cancer,
perruque au vent !,
le 20 octobre, à 18h30
à la MJC Pichon de Nancy
www.laniaquedelamazone.blogspot.ca