SORTIE LE 4 OCTOBRE 2017

C’est sans doute le film le plus attendu de cette année 2017. La suite du mythique Blade Runner, signé Denis Villeneuve, inspire un mélange de joie et de crainte chez les amateurs de cette œuvre de science-fiction à jamais liée à la musique de Vangelis. Le cinéaste québécois lui-même jugeait ce projet très risqué avant de lire le scénario.

Attention, terrain miné… On ne s’attaque pas à un monument du 7e art sans risquer d’y laisser des plumes, ou de se pendre les pieds dans les bobines. Blade Runner 2049 a tout du défi XXL, alléchant et explosif. Une suite placée sous haute tension en raison des attentes monstres qu’elle suscite. Dire que les amateurs retiennent leur souffle depuis plusieurs mois est un euphémisme. Son réalisateur y est aussi allé de sa petite déclaration pour faire monter la sauce. « Ce film représente pour moi le plus grand défi de ma vie, et j’ai envie d’honorer ce privilège. »

L’homme de la situation s’appelle Denis Villeneuve. Depuis son film coup de poing Incendies en 2010, une fresque de plus deux heures sur une quête d’identité, le Québécois très courtisé par les studios américains a connu une ascension fulgurante. La tâche qui lui a été confiée résonne comme une consécration pour ce passionné de science-fiction, mais aussi la suite logique d’une carrière déjà impressionnante avec des films comme Prisoners, Sicario, ou encore Arrival, son plus récent projet.

Reprendre le flambeau de Ridley Scott, qui lui a au passage donné sa bénédiction pour ce 2e volet, avait de quoi laisser perplexe. Son successeur était d’ailleurs au départ contre l’idée de faire une suite, craignant que cela dénature l’œuvre originale. Ce qui l’a fait changer d’avis ? Un scénario en béton, co-écrit par Hampton Fancher (scénariste sur le premier film) et Michael Green. Un des meilleurs scripts qu’il lui ait été donné de lire selon lui. Rien que ça…

S’approprier le mythe Blade Runner

Une fois le défi accepté, les nuits sont devenues plus courtes, la pression s’est glissée dans le quotidien de ce cinéaste réputé rigoureux et perfectionniste. Dans une entrevue accordée à The Hollywood Reporter, en septembre 2016, il déclarait d’ailleurs être terrifié par l’ampleur de sa mission. « Je dois dire qu’il est impossible d’être à la hauteur de l’original, c’est un chef d’œuvre, l’un des meilleurs films de ces 50 dernières années. » Ce qui l’angoissait surtout, c’était de devoir s’approprier le mythe. « Je regarde avec admiration l’œuvre de Ridley Scott, bien sûr, mais je ne dois pas refaire la même chose. Je dois réinterpréter à ma manière cette histoire de chasseur de Réplicants. Sans savoir comment le public réagira à ma vision. »

Pour mettre toutes les chances de son côté, le réalisateur canadien s’est entouré de son équipe habituelle, à commencer par son talentueux directeur de la photographie, Roger Deakins, à qui l’on doit l’esthétique visuellement splendide de cette superproduction à hauts risques. Mais aussi son compositeur attitré, Johann Johannsson, qui a eu la lourde tâche de succéder au mythique Vangelis. Sur le terrain des grandes attentes, Denis Villeneuve a dû se sentir moins seul du coup.


Réplicants et revenants

À l’instar du dernier épisode de Star Wars, ce Blade Runner 2049 marque le retour d’Harrison Ford dans un de ses rôles les plus emblématiques, celui de Rick Deckard, chasseur de Réplicants rebelles sombre et torturé. Son alter ego jeune prend les traits de Ryan Gosling (Drive), qui campe le personnage de K, un policier qui détient les clés du futur et finira par croiser son grisonnant collègue, porté disparu depuis trois décennies.

Outre ce tandem de choc, le film s’appuie sur une solide distribution où l’on retrouve Robin Wright, Jared Leto, dans la peau d’un fabricant d’humanoïdes assez glaçant, la Cubaine Ana de Armas, qui s’était fait remarquer pour sa performance dans le thriller Knock Knock d’Eli Roth, ainsi que l’ancien lutteur Dave Bautista (Les Gardiens de la Galaxie). Sans oublier Edward James Olmos, qui a repris son rôle de Gaff, ce mystérieux personnage qui parle l’espéranto et se passionne pour l’origami. Un autre revenant qui devrait combler les fans du film de 1982.