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L’Alhambra, monument le plus visité d’Espagne (© 123RF)

La plus orientale des villes espagnoles est un véritable mélange de cultures chrétienne, arabe et juive. Située entre les montagnes de la Sierra Nevada et les plages de la Méditerranée, Grenade se découvre sans retenue, à commencer par l’Alhambra, un chef d’œuvre de l’art islamique qui ferait presque de l’ombre au soleil qui le recouvre d’or. Magique !

C’est le monument le plus visité d’Espagne, un monument devant lequel les plus illustres ont déposé leurs pupilles conquises. À la fois palais et forteresse, l’Alhambra étourdit, et quand on le frictionne avec une bonne dose de soleil, sa beauté rejaillit. Ce chef d’œuvre de l’art islamique, intégré au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1984, domine la ville de Grenade, une belle Andalouse à la situation géographique très favorable, avec d’un côté les montagnes de la Sierra Nevada, un paradis pour skieurs et randonneurs qui culmine à plus de 3 000 mètres, et de l’autre les plages de la Méditerranée (Côte Tropicale). Entre ces deux plaisirs, une heure max de route.

Sous ces cieux cléments, le touriste en prendra plein les yeux. Outre l’Alhambra, il s’émerveillera devant le Generalife. On comprend mieux pourquoi les rois musulmans venaient s’y reposer quand on a arpenté cette villa entourée de jardins d’une beauté incomparable.

La cathédrale de l’Incarnation (16e siècle), la première de style Renaissance en Espagne, avec son intérieur grandiose, et la Chapelle Royale qui y est adossée – construite pour accueillir les tombeaux des Rois Catholiques -, ou encore le palais de la Madraza, lui aussi sublime, ainsi que le monastère de San Jeronimo et son magnifique patio, sont d’autres visites à ajouter sur sa feuille de route. On pourra aussi faire une petite place pour la cour du Charbon (El Corral del carbon), le seul caravansérail nasride conservé au pays de Nadal, qui fut entre autres une auberge de marchands et accueille aujourd’hui des concerts et des spectacles de flamenco dans sa cour.

Flamenco. Le mot est lâché. Il fait partie des murs à Grenade, qui lui a donné le zambra (lire ci-dessous). Le quartier gitan du Sacromonte, autrefois occupé par les Juifs et les Musulmans, a le cœur qui bat pour cet art mêlant danse et chant. C’est notamment à l’intérieur de ses maisons creusées dans la roche que l’on peut assister à d’incroyables spectacles au plus près des artistes. Il est aussi possible de séjourner dans ces habitations troglodytes, ce qui procure une belle dose de fraîcheur (toujours bon à prendre quand on a affronté le soleil andalou toute la journée), mais aussi une agréable sensation de dépaysement, même si ces lieux pittoresques ne conviendront pas aux claustrophobes, absence de fenêtres oblige ! 

Autre zone, autre singularité : l’Albaicin. Les ruelles piétonnes et les maisons blanches font le charme de ce quartier typique situé sur une colline, lui aussi classé au patrimoine mondial de l’humanité, ce qui constitue au passage une petite revanche pour cet ancien quartier arabe autrefois considéré comme un des endroits les plus malfamés de la cité. On y trouve notamment le mirador San Nicolas, une petite place tranquille d’où l’on peut admirer l’Alhambra, la Sierra Nevada et la ville de Grenade. A savourer par exemple au petit matin !

La vie nocturne n’est pas en reste dans une ville qui compte une population étudiante importante, avec son cortège de pubs, cafés et autres discothèques… Les salons de thé arabes, très nombreux, en particulier dans la Calle Caldereria Nueva et sa voisine, la Calle Caldereria Vieja, sont aussi très populaires, avec leur style arabo-andalou. On peut passer sans problème son après-midi dans ces teterias, en fumant le narguilé ou en dégustant des pâtisseries orientales. Un des nombreux petits plaisirs dans la capitale des tapas, qui se consomme sans modération.


LES GROTTES DU FLAMENCO

flamenco Grenade (© DR)C’est presque une seconde religion à Grenade, en tout cas une de ses activités les plus représentatives. Le flamenco y est une longue tradition et les amateurs ont l’embarras du choix dans cette ville qui a vu naître au 16e siècle une des formes de cette danse volcanique et sensuelle mêlée de chant : le zambra. On le pratique notamment dans les maisons-grottes (cuevas) du Sacromonte, l’emblématique quartier gitan situé dans la zone orientale. L’intimité du cadre accentue la proximité entre les artistes et les spectateurs, assez pour sentir la robe de la danseuse effleurer votre visage ou craindre d’avoir les pieds écrasés par ses chaussures à talons.

Autrefois réservé aux cérémonies de mariage tsiganes, le flamenco zambra fait aujourd’hui le bonheur des touristes. Si de nombreux clubs et restaurants offrent ce genre de divertissement, comme le Chien Andalou, un petit bar situé dans le cœur historique de la perle ibérique, il est fortement conseillé d’en savourer les effluves et l’ambiance dans les fameuses cuevas, déclarées patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. L’une des plus célèbres, la Cueva de la Rocio, appartient à la famille Maya, un nom indissociable de la communauté gitane. L’endroit, qui est décoré avec des casseroles et des ustensiles en bronze et en cuivre, ainsi que les traditionnelles chaises en paille, compte quelques illustres visiteurs dont Bill Clinton et Michelle Obama. Ses terrasses ont aussi leur charme, d’autant qu’elles permettent de profiter d’une belle vue sur l’Alhambra tout en dégustant un menu typique de la région. Vu sous cet angle…