Graziella (© DR)Plutôt silencieux ces dernières années, Mehdi Charef est de retour avec le style naturaliste qu’on lui connaît. Cette fois, il braque sa caméra sur deux cabossés de la vie. Elle infirmière, lui projectionniste. Enfin dans une autre vie. Car dans Graziella, ils purgent leur fin de peine. Ils se sont connus par le passé, ont failli s’aimer. Et voilà que la prison, à travers les parcours de réinsertion, les rapproche à nouveau, dans un grand pensionnat, fermé pendant les vacances d’automne, où ils apprivoisent le régime de la semi-liberté. Le cinéaste, qui est lui-même intervenu dans le monde carcéral, en animant des ateliers sur l’écriture de scénarios, a fait appel à deux comédiens très talentueux pour camper ce couple de galériens. D’un côté Denis Lavant, acteur fétiche de Léos Carax, et de l’autre l’Espagnole Rossy de Palma, dans un registre contrastant avec ses extravagances almodovariennes. Elle est d’une vérité sobre et bouleversante dans cette chronique tendre sur le déclassement social.