Lancée en 1994, sous l’impulsion de son maire Patrick Abate, l’opération Un arbre, un enfant, la Ville a pris racine à Talange et inspiré d’autres communes de Moselle, et même au-delà… Vingt ans plus tard, près de 1 500 végétaux ont été attribués à des centaines de nouveaux-nés !
Opération Un arbre, une enfant, la Ville (© Ville de Talange)

Opération Un arbre, une enfant, la Ville (© Ville de Talange)

« Une grande première régionale. » Le 23 avril 1994, l’inauguration de la Plantation 93 à Talange marquait le début de l’opération Un arbre, un enfant, la Ville. Cette année-là, 102 enfants nés en 1993 de parents habitant cette commune de la Moselle s’étaient vu attribuer une essence. Leur nom et leur date de naissance avaient été gravés sur les plants. Une première graine venait d’être semée, et elle allait donner beaucoup de fruits…

Comme le rapporte alors la presse locale à l’époque, une petite foule s’était massée sur la place des Fêtes, devant le centre socioculturel, pour assister à la première cérémonie du genre. Beaucoup de familles, souvent de jeunes couples, s’étaient déplacées, comme ces parents venus avec leur fille de six ans et leur petit dernier, Kévin, dont le prénom était désormais lié à l’écorce d’un végétal.

Lors de son discours, le maire Patrick Abate a rappellé la dimension écologique de cette démarche qui allait être reprise par la suite dans des localités proches, à Woippy et Hagondange notamment, et même plus éloignées comme Monaco… L’aspect environnemental était aussi spécifié sur ce bulletin municipal daté du 13 avril 1994. On peut y lire qu’il s’agit « d’offrir aux générations actuelles et futures un cadre de ville harmonieux et verdoyant ».

« Renvoyer dans ses cordes ce débat récurrent qui oppose le « droit du sol » au « droit du sang » en faisant valoir… le droit aux racines ! » 

L’élu y dresse un parallèle entre la plantation d’un arbre et l’éducation d’un enfant. Quel rapport ? « Rien de moins que l’absolue nécessité d’avoir foi en l’avenir, et donc l’engagement de faire le maximum pour le construire le meilleur monde possible. » Et de renchérir, fédérateur  : « C’est aussi montrer à chaque enfant qu’il est unique, et que, malgré les différences, quelles qu’elles soient, il appartient aussi à une collectivité, comme l’arbre à la forêt. C’est une manière aussi de renvoyer dans ses cordes ce débat réccurent qui oppose le « droit du sol » au « droit du sang » en faisant valoir… le droit aux racines !» Ce 23 avril 1994, la Municipalité a pris l’engagement de renouveler cette opération chaque printemps.

Depuis, le rituel bourgeonne dès les beaux jours revenus. Vingt ans plus tard, ce sont presque 1 500 arbres – 1 480 plus exactement – qui ont été plantés dans la commune pour souligner l’arrivée de centaines de nouveaux-nés. Certains ajustements ont dû être apportés au fil du temps. Le principe « un enfant un arbre » a dû être abandonné à partir de 2007, au profit de la formule « un arbre par mois de naissance ». Trois raisons à cela : une question de place, mais aussi des contraintes liées au budget et à l’entretien.

En 2014, douze espèces ont été mises en terre pour souhaiter la bienvenue à 94 bambins, chaque mois de naissance étant souligné par une essence différente. à titre d’exemple, les enfants nés en janvier 2013 ont eu droit à un arbre à soie, ceux d’avril à un micocoulier de Provence, tandis que les « promus»  de juin et novembre ont respectivement hérité d’un lilas des Indes et d’un acacia rose.