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Traversée de canaux et ouverte sur la mer, la deuxième ville de Suède est aussi irriguée de culture. Difficile de s’ennuyer dans cette ancienne cité ouvrière bénie par la nature, située près de la frontière norvégienne. On la dit cool, branchée, gourmande… et ce n’est pas un mensonge.

Un port d’envergure, de nombreux canaux et la mer à côté. Construite à l’embouchure de la rivière Göta, la vibrante et créative Göteborg (prononcer « Yeu-te-bor-yé ») est une ville gorgée d’eau. Le must d’un séjour consiste d’ailleurs à se rendre sur l’archipel voisin, très accessible, à seulement 30 minutes de ferry de la côte. La partie sud abrite les îles les mieux préservées, dont la populaire et pittoresque Styrsö. Le caractère maritime du fief de Volvo se découvre aussi au Maritimam, le plus grand musée flottant au monde. Une demi-douzaine de navires, sur la quinzaine qui est amarrée à quai, sont offerts à la visite, dont un sous-marin, un destroyer et un bateau-pompier.

Ville à taille humaine (un peu plus de 500 000 habitants), l’ancienne cité ouvrière fondée en 1621 fait montre d’une belle ouverture, et pas seulement vers le large. Réputée pour être la plus chaleureuse de Suède, Göteborg compte sur son territoire gorgé de nature [175 m2 d’espaces verts par habitants] près de 60 000 étudiants qui apprécient son côté cool et branché. Nombreux sont les bars et les night-clubs qui la font vibrer à longueur d’année, que ce soit dans les alentours de la chic Avenyn – sorte de Champs-Élysées locaux, qui débouchent entre autres sur la Göteplatsen, place incontournable où se dresse une imposante statue de Poséidon, l’emblème de la ville -, ou dans les quartiers plus alternatifs de Haga et Linnégatan. Le premier a pour principal intérêt d’abriter le Café Husaren, souvent cité pour la taille XXL de sa viennoiserie à la cannelle, la fameuse kanelbulle, pâtisserie phare du royaume. Il faut ajouter à cet ADN trépidant une belle cargaison de pubs, dont le doyen, âgé de 118 ans, a pour nom Ölhallen, dans le centre-ville, lequel a pour particularité d’être le dernier hall à bières en Suède autorisé à servir de l’alcool sans nourriture.

Sur le plan culturel, difficile là aussi de s’ennuyer. Il y a d’abord les musées – une vingtaine – qui surprennent par leur grande qualité, à l’image du musée des Beaux-Arts, le Konstmuseum, tout indiqué pour se familiariser avec les grands peintres suédois (Carl Larsson et Anders Zorn notamment). On y découvre également une belle collection d’artistes français (Delacroix, Chagall, Monet, Gauguin) ainsi que des œuvres du Norvégien Edvard Munch. Autre immanquable : l’interactif et high-tech Universeum, 5 étages consacrés aux sciences naturelles, avec notamment une reconstitution de la période glaciaire, mammouth grandeur nature inclus. Un poids lourd du divertissement pour petits et grands, au même titre que le Liseberg (lire ci-dessous). La musique occupe aussi une place importante à Göteborg, qui peut s’appuyer sur une scène locale bouillonnante. On peut en avoir un aperçu au Way Out West. Lancé en 2007, ce festival étalé sur 3 jours en août se démarque par son atmosphère singulière dans le gigantesque parc forestier Slottsskogen.

Et que dire du volet gastronomique… Avec plusieurs restaurants étoilés au Guide Michelin, dont le Thörnströms Kök, la cité gourmande a de quoi faire saliver. Les produits de la mer, issus de la côte du Bohüslan, sont considérés parmi les meilleurs au monde, à commencer par les huîtres, qui figurent sur la plupart des menus des restaurants. Les accros aux crustacés et aux poissons sont aussi friands de la Feskekyrka, littéralement « l’église aux poissons ». Un ancien lieu de culte à l’abord austère où d’autres convertis se pressent désormais pour assouvir leur appétit sur l’autel de la gourmandise. Ainsi soit-il.


Le plein de sensations au Liseberg

Le Liseberg à Göteborg © DR

Le Liseberg à Göteborg © DR

C’est en quelque sorte le Disneyland suédois. Site le plus visité du pays, le Liseberg abrite un des meilleurs parcs d’attractions de la planète. Situé en plein centre-ville, entre mer et campagne, ce royaume très animé, ayant pour emblème un lapin, était d’abord un jardin lors de son ouverture en 1923, dans le cadre de l’exposition universelle. Très apprécié pour la grande palette de ses activités, avec, parmi les manèges les plus populaires, le château hanté et la maison des miroirs, il l’est tout autant pour le soin apporté à son cadre verdoyant, où la végétation luxuriante côtoie des chutes d’eau, des sculptures et quelques bâtiments datant de la grande expo internationale. Le Liseberg doit également sa popularité à ses impressionnantes montagnes russes et autres tours vertigineuses. La plus récente d’entre elles, baptisée AtmosFear, culmine à 116 mètres, ce qui en fait la plus haute d’Europe. Ses passagers sont soumis à une force de 4g lors d’une chute libre de trois secondes à la vitesse de 110 km/h. Les amateurs de sensations fortes apprécieront.

Le Liseberg, qui comprend de nombreux bars, restaurants et diverses possibilités d’hébergements, mérite aussi le déplacement durant les fêtes de fin d’année. Il se transforme alors en un immense marché de Noël (le plus grand de Suède) illuminé par des millions de guirlandes ! Un bar à glace voit le jour à cette occasion, construit avec un matériau directement importé de la Finlande voisine, plus précisément de Laponie.