Irina Popova, ex-gardienne de but de l’équipe féminine de handball de Metz dans les années 90 et championne du monde, rassemble les jeunes de Metz-Borny autour de ses équipes de l’ESAP Metz depuis presque vingt ans. Pour des résultats « pas uniquement sportifs ».

Irina-Popova (HMD)L’expression largement galvaudée « la grande famille du sport » retrouve tout son sens à travers le travail d’Irina Popova et de ses jeunes joueuses de l’ESAP Metz-Borny. « Lorsque je suis arrivée ici, c’est vrai que les titres ont pu parler pour moi, raconte celle qui fut le dernier rempart de l’ASPTT Metz entre 1991 et 1997 et de l’Union soviétique championne du monde en 1990. Mais pour les jeunes, je suis juste « Irina ». Pendant deux heures, à l’entraînement, je suis leur mère ». Née en Ukraine, Irina rejoint Metz en 1991 en provenance de Saint-Pétersbourg. Elle se souvient de ses années à Metz en tant que professionnelle comme l’une des plus belles périodes de sa vie, et garde en mémoire ces entraîneurs qui ont cru en elle, notamment Olivier Krumbholz à l’ASPTT.

Détentrice d’un diplôme de professeur de sport en Union soviétique, mais qui n’est pas reconnu en France, elle devient éducatrice sportive après sa carrière pro, décidée à transmettre le goût de l’effort et les valeurs du sport. Elle commence à entraîner l’ESAP Handball dès 1995, « Je n’apprends pas que le sport, j’apprends aussi le respect, les règles et la solidarité ».encadre des jeunes entre 6 et 28 ans, devenant rapidement une figure incontournable de la vie du quartier. « Je n’apprends pas que le sport, j’apprends aussi le respect, les règles et la solidarité, prévient Irina. Je dois faire comprendre à tous, y compris aux parents, que cela implique de s’engager sur la durée, et qu’il s’agit de pédagogie et d’éducation, pas seulement de loisirs ».

Celles qui rejoignent l’ESAP apprennent très vite que la discipline n’est pas un vain mot pour la coach Irina. Mais elle veille à ne pas imposer le handball avant les études, ou le travail avant le plaisir, et prête aussi une oreille attentive aux interrogations des parents et des joueuses, qui doivent s’organiser pour pouvoir continuer à payer leur inscription et se rendre régulièrement aux entraînements. « On se débrouille ! lance Irina. Nous manquons de moyens, alors que le sport est quelque chose qui est utile pour les jeunes d’ici, ils en ont besoin. Avec mes équipes, je montre que Metz-Borny peut être exemplaire. Je suis fière de ce quartier, j’y suis très attachée, et quand je vois des jeunes qui en ont honte, ça me fait mal au cœur ».

Irina évoque le succès du club de boxe pieds-poings de Borny, la danse hip-hop ou les victoires des filles du Metz TT, le club de tennis de table féminin installé à Metz-Saint Symphorien. Ces clubs et associations où se croisent toutes les nationalités, à l’image de l’ESAP, lui rappellent son arrivée à l’ASPTT parmi les premières joueuses étrangères de l’Hexagone, Elle refuse d’être un modèle, préfère se voir en « grande sœur », voire en deuxième mère.et constituent autant de sources d’inspiration pour la jeunesse. « Lorsque l’une de mes joueuses songe à passer pro, sans la décourager je lui explique tout l’investissement que cela demande, et aussi que ce n’est pas une fin en soi, qu’il faut songer à sa reconversion » explique Irina.

Elle refuse d’être un modèle, préfère se voir en « grande sœur », voire en deuxième mère, et prolonge les moments de bonheur qu’elle a connu à l’ASPTT avec les jeunes qu’elle entraîne : « Je revis ma jeunesse à travers elles ! » Si elle repère des potentiels (certaines handballeuses de l’ESAP jouent dans l’équipe B du Metz Handball), Irina Popova tient surtout à offrir des instants de complicité et de bonheur grâce à la pratique du handball. « Nous avons de vrais résultats sur le plan sportif… mais il n’y a pas que ce genre de résultats qui compte, note Irina. Ce qu’il faut surtout offrir, ce sont de bons souvenirs : c’est pour cela que je veux tout donner. »

ESAP Metz-Borny
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5 rue du Dauphiné à Metz.
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