SORTIE LE 20 JUIN

Après Rouletabille, Bruno Podalydès s’empare d’un nouveau personnage de fiction avec Bécassine. Le célèbre personnage breton imaginé par Caumery et Pinchon prend les traits d’Émeline Bayart, autour de laquelle gravite une belle brochette de comédiens, notamment Josiane Balasko, Denis Podalydès, Karin Viard et Michel Vuillermoz.

Après la chanson et le dessin-animé, le film ! Pour être tout à fait exact, c’est la seconde fois que Bécassine fait son apparition au cinéma, après l’adaptation signée Pierre Caron en 1940 (lire autre texte).

Cette fois, c’est Bruno Podalydès qui s’y colle. Trois ans après Comme un avion, le cinéaste livre une version moins caricaturale de la célèbre nourrice bretonne, qui doit son surnom à un vol de bécasses au-dessus de son village le jour de sa naissance. Cette dernière prend les traits d’Émeline Bayart, une comédienne que le réalisateur du Mystère de la chambre jaune avait déjà dirigée dans Bancs publics (2009) et Adieu Berthe (2012) : « Émeline est une actrice très expressive, généreuse. Elle possède à la fois une forme de candeur et une force terrienne qui me « Elle est naïve, certes, mais aussi curieuse et inventive. Elle a une âme d’enfant dans un corps d’adulte. »touche. » L’intéressée, qui ne connaissait pas grand-chose du personnage de BD imaginé par Caumery et Pinchon (dont les albums ont été réédités en 2015), a très vite été séduite par cette femme naïve et candide que les féministes appelaient à l’époque « la femme bâillonnée », car elle ne possédait pas de bouche. « J’ai découvert un personnage chaleureux, généreux, inventif, moderne, et qui possède une qualité essentielle : la faculté d’émerveillement. » Le cinéaste est lui aussi tombé sous le charme d’Annaïck Labornez (le véritable nom de Bécassine), apparue pour la première fois en 1905 dans l’hebdomadaire La Semaine de Suzette. « Bécassine n’est pas la fille un peu niaise et stupide qu’on croit. Elle est naïve, certes, mais aussi curieuse et inventive. Elle a une âme d’enfant dans un corps d’adulte », déclarait-il aux Inrocks lors du tournage l’été dernier.

Comme il en a l’habitude, Bruno Podalydès s’est réservé un rôle dans son long-métrage aux accents fantaisistes, plus précisément celui de Rastaquoueros, un artiste forain un peu escroc sur les bords. Autre constante : il a fait appel à son frère Denis, qui campe le marquis de Grand-Air. Autour d’eux gravite une belle brochette d’acteurs, dont certains sont des fidèles du metteur en scène. Entre autres : Josiane Balasko, Karin Viard, Michel Vuillermoz, Isabelle Candelier et Philippe Uchan. Grand amateur d’Hergé (c’est un Tintinophile averti), Bruno Podalydès s’est aussi laissé aller à quelques clins d’œil dans son Bécassine poétique et burlesque. Par exemple le parapluie de l’héroïne, « qui ressuscite un peu la Mary Poppins si chère à mon enfance ». D’enfance, il en est question dans ce long-métrage tiré d’un livre destiné au jeune public, et dont le cinéma ravive la flamme. N’est-ce pas monsieur le réalisateur ? « C’est une des plus belles vertus de ce métier, en tout cas du spectacle : réveiller, ranimer l’enfant qui vivote en nous comme une petite flamme dansante. »


BÉCASSINE EN 4 ACTES

Acte 1 : le cinéma. Le célèbre personnage de BD a fait une première incursion dans le 7e art sous la direction de Pierre Caron. Le film, sorti en 1940, mettait en vedette Paulette Dubost dans la peau d’une Bécassine très caricaturale.

Acte 2 : le dessin animé. Les comédiennes Muriel Robin et Zabou Breitman, ainsi que l’ex-capitaine de Nulle Part Ailleurs Philippe Gildas, ont prêté leurs voix au long-métrage d’animation signé Philippe Vidal, intitulé Bécassine, le trésor viking (2001).

Acte 3 : la chanson. Les quadras se souviennent sans doute de la célèbre chanson enfantine immortalisée par Chantal Goya (1980) et vendue à 3 millions d’exemplaires ! Il faut y ajouter la version contemporaine, en anglais, parue au début des années 2000, pas piquée des hannetons !

Acte 4 : la marionnette. Derrière le comptoir du Bébête Show de Roucas, Collaro et Amadou, Bécassine est devenue Pencassine, prenant les traits de Jean-Marie Le Pen, alors président du Front national, et dont les incisives de vampire n’ont fait qu’accentuer son côté antipathique.