SORTIE LE 26 AOÛT

On n’y croyait plus : le dernier film de Christopher Nolan est sorti sur les écrans français fin août. Nouveau tour de force du cinéaste britannique, Tenet apparaît comme son projet le plus ambitieux. Le réalisateur de Dunkerque y aborde deux de ses thèmes de prédilection : l’espace et le temps.

Accrochez-vous. On tient peut-être là la devise de Christophe Nolan. Il faut dire que ce cinéaste surdoué n’a pas son pareil pour capter l’attention. D’abord à travers des bandes annonces toujours alléchantes et efficaces, où perce souvent une part de mystère, mais aussi et surtout par sa façon bien à lui de nous faire perdre nos repères. Car il faut bien admettre que certains de ces projets, parmi les plus audacieux, sont de véritables hymnes à la concentration (et à la tentation). On pense à Memento, Inception ou encore Interstellar (lire autre texte), trois œuvres aussi originales que complexes, où le Britannique joue avec les notions d’espace et de temps, des thèmes qui lui sont chers, au risque de larguer les moins attentifs.

Sa nouvelle production s’inscrit dans cette lignée. Présenté comme son projet le plus ambitieux, mais aussi le plus cher, avec un budget dépassant les 200 millions de dollars, Tenet est sans conteste un des poids lourds américains les plus attendus cette année. Les quelques trailers jetés en patûre aux aficionados n’ont fait qu’accentuer cette impatience tout en ménageant le suspens. Du côté des certitudes, on Tenet est sans conteste un des poids lourds américains les plus attendus cette annéesait que le personnage central [incarné par John David Washington, le fils de Denzel], capable de communiquer avec le futur, aura pour mission d’empêcher une Troisième Guerre mondiale. Ou comment bien lui mettre la pression. Le casting proposé est quant à lui au diapason de cette grosse pointure cinématographique, avec notamment à l’affiche Michael Caine, Kenneth Branagh, Elizabeth Debicki et Robert Pattinson, le prochain Batman (ce qui ne devrait pas trop le dépayser lui qui fut vampire dans une autre saga).

Si le flou reste entier sur l’histoire de Tenet, qui a été tourné dans 7 pays différents, il le demeure tout autant quant à sa sortie. Difficile d’envisager l’avenir alors que le coronavirus a imposé le présent comme temps de référence. L’idée d’une apparition mondiale simultanée a ainsi dû être jetée aux oubliettes, alors que la situation sanitaire aux États-Unis est loin d’être maîtrisée (au moment où ces lignes sont écrites). D’autres continents s’en tirent mieux, à commencer par l’Europe. Les studios de la Warner ont en effet annoncé, fin juillet, que la superproduction sortirait fin août dans des pays comme la France, l’Espagne et l’Angleterre. Ce qui s’est avéré en dépit du contexte tendu de ces derniers mois.


Cinéaste de la complexité

Le visionnage d’un film de Christopher Nolan requiert parfois une grande concentration. La preuve avec ces 3 œuvres aussi originales que complexes qui ont laissé une trace dans le monde du 7e art :

Memento (2000). – Oubliez les règles de narration avec cette histoire qui traite du rapport entre l’identité et la mémoire. On part du début pour arriver à la fin, sur les traces d’un homme souffrant d’amnésie qui tente de venger la mort de sa femme.

Inception (2010). – On perd aussi ses repères dans ce long-métrage jouant sur les notions de temps et d’espace. Une véritable plongée dans le monde des rêves qui s’appuie sur un scénario tortueux. Entre science-fiction, thriller et film d’aventure.

Interstellar (2014). – Sans doute la Joconde de Nolan, qui signe un de ses films les plus aboutis avec cette odyssée de science-fiction d’une grande émotion. Un voyage spatial et temporel, mais aussi un vertige métaphysique, porté par la formidable musique de Hans Zimmer, fidèle compositeur du cinéaste britannique.