Après avoir fait ses armes dans le milieu associatif messin, Nicolas d’Ascenzio fut directeur artistique de la Nuit Blanche, avec la ville comme espace de jeu et de création éphémère. À 31 ans, il est directeur de TCRM-Blida, dédié « aux industries créatives et à l’économie numérique », qui s’apprête à passer un cap avec l’accueil imminent d’un incubateur de start-up.
© Luc Bertau

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Il fait partie de cette jeune garde messine, issue d’un réseau associatif qui a vu les opportunités se développer dès l’arrivée à la mairie d’une gauche désireuse de placer Metz sur la carte des villes innovantes et volontaires en matière de politique culturelle. Le collectif Bœuf nocturne, qui militait pour la création d’une salle de musiques actuelles à Metz, fut la porte d’entrée de Nicolas d’Ascenzio dans la vie culturelle locale, avant la création du magazine étudiant Beams. « M’impliquer dans le monde associatif m’a permis d’échanger avec beaucoup de gens qui sont toujours là aujourd’hui, raconte Nicolas d’Ascenzio. Il y avait un esprit de groupe, beaucoup d’énergie et de travail, une dynamique générationnelle qui est toujours vivace ».

Alors étudiant en licence de Conception et Mise en Œuvre de Projets Culturels, il participe, en tant que coordinateur du Bœuf nocturne, à une réunion municipale qui accouchera de la création de Nuit Blanche, dont il intègre l’équipe. Deux ans plus tard, alors qu’il a à peine plus de 25 ans, il est nommé directeur artistique de l’événement, ce qui lui vaudra quelques remarques acerbes. « On disait que j’avais une approche « parc d’attractions » », se souvient-il. « Je crois que Nuit Blanche a laissé de bons souvenirs aux Messins et, après cette expérience, je pense avoir acquis une légitimité ».Je l’assume. Je n’avais pas de « background » en matière d’art contemporain, ça m’a permis de m’en émanciper. Je crois que Nuit Blanche a laissé de bons souvenirs aux Messins et, après cette expérience, je pense avoir acquis une légitimité ». Après l’arrêt de Nuit Blanche au terme de six éditions, les astres s’alignent toujours idéalement pour Nicolas d’Ascenzio, qui admet avoir bénéficié « d’un enchaînement d’événements profitable ». La désaffection des bâtiments des TCRM à l’arrivée du nouveau réseau de transports a permis de réinjecter une partie du budget alloué à Nuit Blanche pour la remise en service de ces 25 000 m², dont quelques espaces sont alloués à l’accueil d’artistes et d’associations. À peine deux ans après l’ouverture, le lieu grouille de vie : des dessinateurs croisent des vidéastes et des plasticiens, un atelier de sérigraphie côtoie un Fab lab dédié au partage et à l’innovation. On fabrique des meubles en bois dans la « Grande serre », tandis qu’à l’arrière se développe un jardin partagé. Derrière les portes closes de l’espace dédié aux jeux vidéo, plusieurs studios sont au travail, à côté d’un Pôle Jeux Vidéo dirigé par un enseignant-chercheur de l’université Paul Verlaine. « Dans ce projet, je suis, avant tout un accueillant qui doit tout faire pour que cette rencontre entre le monde de l’entreprise et des artistes fonctionne au mieux ».En fond sonore passent les émissions de ZKM, la radio de Zikamine. « Toutes ces démarches existaient déjà, TCRM-Blida joue uniquement un rôle d’accélérateur, vise à offrir de bonnes conditions aux résidents pour réussir leurs projets » précise Nicolas d’Ascenzio. Le lieu s’apprête à s’ouvrir au public tout en s’investissant dans plusieurs événements dédiés aux arts numériques. Mais la véritable nouvelle étape, c’est l’installation, en cours, d’un incubateur de start-up baptisé « LorNTech », initiative réunissant des acteurs de Metz, Nancy, Thionville et Épinal, qui a décroché fin juin la labellisation French Tech, créée par le Ministère de la Culture, qui doit lui apporter plus de fonds et de visibilité. « Dans ce projet, je suis, avant tout, un accueillant qui doit tout faire pour que cette rencontre entre le monde de l’entreprise et des artistes fonctionne au mieux » explique le directeur. Fédérer les énergies, celles de vieux potes ou de jeunes entrepreneurs, semble être une constante dans le parcours de celui qui, d’une certaine façon, a toujours occupé le rôle d’un chef d’atelier, dont il a investi l’ancien bureau au sein de TCRM-Blida.                   

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