Avishai-Cohen-From-DarknessLe nouvel album du contrebassiste israélien n’est que le second interprété en trio, après Gently disturbed en 2008. L’alliance du piano et de la batterie à sa contrebasse est pourtant, selon Avishai Cohen, la formation la plus à même d’exprimer sa musique. Dont acte : c’est aux côtés du pianiste Nitaï Hershkovits, déjà présent sur son précédent album Duende, et du batteur Daniel Dor qu’il livre From Darkness, en puisant comme toujours au cœur des traditions pour mieux s’élancer vers des créations personnelles aux nuances uniques. Points de départ : la culture méditerranéenne, la musique classique et Bach, jusqu’à l’esprit libre du jazz, réceptacle idéal à la fièvre créatrice d’un musicien et compositeur qui fonctionne à l’instinct.

Son intuition l’a donc mené à ce From Darkness, où tout est rythme. Rompant avec les compositions plus mélodiques de ses derniers essais Almah et son ensemble de cordes, l’écriture d’Avishai Cohen prend la forme de volées de notes subtiles et puissantes, habitées d’influences latines. Le piano rejoint presque la batterie comme marqueur de ce rythme, ou plutôt de ces rythmes aux couleurs universelles, que le contrebassiste traduit naturellement dans un langage jazz contemporain qui les absorbe aisément lorsque le talent, comme ici, se manifeste.

Nitaï Hershkovits et Daniel Dor semblent s’en donner à cœur joie, s’exprimant avec aisance et sans ostentation, à l’image d’un Cohen presque discret à la contrebasse, au fil d’un album joué sur du velours. Ces dix compositions originales (plus une reprise de Smile de Charlie Chaplin) sont empreintes d’une générosité dont le trio ne se prive pas de jouer, tout comme l’auditeur profite d’un album qui sait alterner élégance et groove, peut-être l’un des plus accrocheurs d’Avishai Cohen.