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Baptiste W. Hamon prouve que la musique country s’épanouit tout aussi bien dans la langue de Molière que dans celle de Faulkner. Son premier album, L’Insouciance, enregistré aux États-Unis, trouve sa personnalité propre sans singer le folklore américain.

Jeune trentenaire fasciné par la culture du pays de l’Oncle Sam, Baptise W. Hamon découvre la musique country au cours de son adolescence : sa poésie le touche, il décide alors de s’y consacrer totalement, et d’explorer toute sa richesse. « En France, il y a beaucoup de clichés autour de la country, qui est vue comme une musique de bouseux. J’ai voulu en livrer une image plus juste, en racontant mes propres histoires, explique-t-il. Je ne voulais pas être le petit français qui fantasme sur l’Amérique. »Une synthèse réussie qui dépasse largement le statut de curiosité. Il écoute Leonard Cohen, Townes Van Sant, Guy Clark ou John Pine, et écrit dans un premier temps en anglais, mais choisit finalement de s’exprimer dans sa langue natale. « Je me suis rendu compte que ce que j’appréciais dans la country, c’était la recherche de l’essence même de la poésie. Si je voulais avoir cette démarche de songwriter, le français était le seul outil possible. » Après deux EPs en 2014, Quitter l’enfance et La Ballade d’Alan Seeger, il sort son premier album, L’Insouciance, enregistré aux USA avec le producteur Mark Nevers et des musiciens locaux. « C’était essentiel pour avoir une réelle authenticité » note-t-il. Fidèle à une tradition musicale qu’il découvre au fil des rencontres et des road-trips, il s’inspire également de grandes plumes francophones comme Brel, Barbara ou Reggiani. Des chansons simples et dépouillées comme Joséphine ou Peut-être que nous serions heureux alternent avec les textes plus imagés et complexes de Columbia, Terpsichore ou Dieu que mon cœur est lent. Intenses et mélancoliques, elles font résonner en nous tout un imaginaire et mettent en évidence toute l’émotion particulière qui habite la musique country. Baptiste W. Hamon opère ainsi une synthèse réussie qui dépasse largement le statut de curiosité. 

L’insouciance de Baptiste W Hamon / Manassas