Ne jamais baisser les bras : c’est un peu la devise du Messin Rémy Benti. Le propriétaire du restaurant Les Deux Marronniers, dans le quartier de Metz-Queuleu, est un battant doublé d’un fonceur. Un trait de caractère intimement lié à sa passion pour la moto, lui qui a aussi été concessionnaire dans une autre vie…

remi-benti (© Mensuel L'Estrade)Pendant presque 20 ans, Rémy Benti a enchaîné deux métiers. La journée, il était concessionnaire moto pour la marque Yamaha, et le soir, il enfilait son tablier de restaurateur. Des motos, il ne s’est pas contenté d’en vendre, il en a aussi piloté. « J’ai fait partie de la team LTG, de l’association Les Téméraires du Galet », se souvient-il en repensant à cette époque où il a aussi évolué dans les coulisses de compétitions comme les 24 heures du Mans et le Bol d’Or. Aujourd’hui, à 45 ans, cet enfant de parents siciliens a mis un frein à ce rythme exaltant. Nouveau propriétaire (depuis un an) du bar-restaurant Les Deux Marronniers, une adresse bien connue du quartier de Metz-Queuleu, qu’il a transformé en pizzéria, Rémy Benti occupe en parallèle un autre emploi à temps plein : papa. Déjà père deux filles, il pouponne à nouveau depuis l’arrivée d’Anna en 2014. Et dans quelques semaines, c’est un petit garçon qui viendra agrandir la famille. Une nouvelle trajectoire pour ce fonceur impénitent, qui nous confiera au cours de l’entretien avoir puisé dans le morceau Serre les poings bats-toi, interprété par Mike Brant, le carburant d’une vie pas toujours rose.

LA SOUPE AUX CAILLOUX de Martine Provis « Ma vie entre les lignes »

Pas très copain avec la littérature, Rémy n’a lu qu’un livre dans sa vie : La soupe aux cailloux. « J’ai rencontré une fille à l’âge de 20 ans qui a essayé de me faire aimer les bouquins », raconte-t-il. Ce sera peine perdue. Reste que cet ouvrage écrit par Martine Provis, qui narre la descente aux enfers d’une petite fille adoptée brutalisée et humiliée, l’a profondément marqué, au point où il possède toujours son exemplaire. Et pour cause puisque certains passages font remonter des souvenirs personnels douloureux. Un père violent, des privations de repas… « Je passais mes nuits à pleurer », souffle-t-il en repensant au passé et au régime minceur du budget familial.

LE PARRAIN de Francis Ford Coppola « Souvenirs de Sicile »

Son choix de film fait écho à ses racines : Le Parrain. Là encore, le chef d’œuvre de Coppola exhume des souvenirs de jeunesse, quand la famille passait ses vacances d’été en Sicile. « Quand je l’ai vu pour la première fois à la télé, des tas d’images me sont revenues à la mémoire, comme mes oncles coiffés d’un chapeau, habillés de noir et portant une chemise blanche. » Comme si le restaurateur était passé de l’autre côté du miroir. « Petit, j’étais fier de ça, ça représentait la mafia, je me sentais en sécurité », poursuit-il. Il revoit aussi son grand-père le balader dans un panier accroché à un âne. « C’était le seul moyen de locomotion à l’époque sur l’île. »

SERRE LES POINGS ET BATS-TOI de Mike Brant « Ça me donnait de la force »

Son tempérament de battant lui vient peut-être de cette chanson de Mike Brant qu’il lui arrive encore d’écouter aujourd’hui. Sortie en 1974, Serre les poings et bats-toi a été selon lui une de ses meilleures alliées. « Je me retrouve dans ses paroles », glisse-t-il en faisant allusion à son enfance. « Quand j’étais jeune et que je l’écoutais, ça me donnait de la force, et c’est toujours le cas », ajoute-t-il à propos de ce morceau qui l’émeut à chaque fois. « Bats-toi et tu seras libre, mais quoi qu’il arrive ne baisse pas les bras », chante notamment l’artiste d’origine israélienne. Rémy a bien retenu la leçon.