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Imprégné de la tradition folk anglo-saxonne, le messin Florent Simon sort son premier album, The Birds are back. Un disque sensible et aérien, à la musique et aux textes teintés de mélancolie, traversé de nombreux fantômes mais aussi de promesses d’avenir.

Quelques silhouettes d’oiseaux sur un ciel coloré par une lueur d’aube : la pochette de The Birds are back, tout comme son titre, symbolise parfaitement l’état d’esprit de son auteur. À 35 ans, Florent Simon entame un nouveau cycle marqué par l’espoir et le renouveau. Lui qui a toujours eu la musique dans sa vie a mis du temps à « se sentir légitime » en tant qu’auteur-compositeur et interprète. Il préfère dire « singer-songwriter » tant il est inspiré par des auteurs et guitaristes anglo-saxons comme Neil Young, Tom Waits, Nick Drake ou encore Leonard Cohen, à qui il a consacré une chanson. « J’ai toujours été passionné à la fois par la musique et par la langue anglaise : je n’ai jamais tranché, explique-t-il. C’est ma culture d’adoption ». Le premier déclic viendra en 2009, à l’occasion d’une année d’études à Londres pendant laquelle il écume la scène folk amateur de la capitale. « Là-bas, j’ai fait beaucoup de rencontres, j’ai pris conscience de la rigueur qu’impliquait cette musique » raconte Florent.

Originaire de Lyon, il étudie la musique à Villeurbanne puis emménage à Metz il y a dix ans, où il achève ses études d’anglais et de musique. Depuis 2015, Florent enseigne le piano au Conservatoire de Metz-Métropole. Puis il devient père. « C’est au moment où j’avais le moins de temps à y consacrer que l’envie de faire un disque s’est imposée » sourit-il. Le moment d’un bilan, d’un cap à franchir : c’est en tout cas ce qu’évoquent les textes de The Birds are back. Empreintes de beaucoup de mélancolie, les onze chansons sont habitées par de nombreux fantômes, surtout des figures amoureuses (Pale light, Girl in the evening, Never let her go). D’autres titres, comme The Burgeoning rust ou The Dawn, plus métaphysiques, sont traversés d’une foule de symboles et d’images. Dans la plus pure tradition folk, l’auteur et musicien sublime ces souvenirs douloureux grâce à la poésie et la délicatesse de ses mots. Les épreuves passées deviennent autant de jalons vers un présent plus lumineux, marqué par l’espoir mais aussi les interrogations (Could I be). Le tout d’une voix sensible et profonde vibrant sur le fil des émotions, semblant parfois à la limite de se briser, mais pliant sans jamais rompre. Comme si le pouvoir de la chanson était de réussir à dompter les sentiments.

La premier titre écrit par Florent pour ce projet fut Pale light, uniquement porté par sa voix et sa guitare. « En la jouant, j’entendais du violoncelle et de la clarinette, raconte-t-il. Je ne voulais pas être dans la pure tradition folk guitare-voix : j’ai donc choisi d’écrire presque tout le reste de l’album pour ce trio ». La présence à la fois discrète et constante du clarinettiste Renaud Rusé et de la violoncelliste Klara Egloff renforce le côté aérien de The Birds are back, et contribue pour beaucoup à l’efficacité de ses mélodies. Un disque enregistré à Clouange, au studio Amper dirigé par Jean-Pascal Boffo, expert en sonorités cristallines, lui-même guitariste de talent. « C’est la musique du trio qui fait que les chansons tiennent debout, il me fallait donc quelqu’un capable de faire sonner cette formation sans basse et mon jeu de guitare parfois assez fragile, indique Florent. Jean-Pascal a su valoriser, donner plus de consistance à notre son ».

D’après son auteur, The Birds are back est un premier album « tardif ». Celui-ci semble en tout cas  avoir suffisamment mûri en lui pour que textes et musique aient cette même consistance et cette même profondeur. Aujourd’hui, Florent Simon regarde vers l’avenir, vers de nouvelles chansons « plus brutes, plus directes » ; pour une nouvelle étape, une nouvelle escale musicale que l’on espère prochaine.

 

The Birds are Back album Florent Simon

Disponible sur 

www.florentsimonmusic.bandcamp.com