Elina Garnca © Droits Réservés

C’est une soirée de gala que promet l’Orchestre philharmonique du Luxembourg pour son traditionnel concert populaire au parc municipal le 30 juin. Pour terminer la saison en beauté, l’OPL se produira aux côtés de la célèbre mezzo-soprano Elīna Garančaqui se glissera dans la peau d’un personnage cher à sa tessiture : Carmen.

De la belle visite. Royale, diront certains. La soirée du 30 juin promet d’être belle au parc municipal de Luxembourg, cadre traditionnel du concert populaire qui clôt chaque année la saison de l’orchestre philharmonique local, dans le cadre du programme estival Summer in the City, dont on célèbrera la 20e édition. Ce soir-là, sous la direction de Gustavo Gimeno, le Carmen de Bizet aura droit à la plus grosse part du gâteau, aux côtés d’œuvres signées Michaïl Ivanovitch Glinka (Rouslan et Ludmilla : ouverture), Jules Massenet (Méditation) Camille Saint-Saëns (Samson et Dalila), Emmanuel Chabrier (España), Francisco Cilea (Adriana Lecouvreur) ou encore Piotr Ilitch Tchaïkovski (Jeanne d’Arc). De quoi faire les affaires – et le bonheur – de la mezzo-soprano Elīna Garanča, qui a fait ses débuts à Covent Garden (Londres) dans ce rôle emblématique qui lui va comme un gant. Rien d’étonnant pour cette diva mariée à un Espagnol et qui parle cette langue couramment. Certains, à l’image de la cantatrice géorgienne Anita Rachvelishvili, la décrivent d’ailleurs comme une des plus grandes Carmen actuelles.

Passionnée et polyvalente, la Lettonne est considérée comme une des stars de l’opéra. C’est d’ailleurs par un opéra que sa carrière a connu ses premières émotions. Quand, alors qu’elle était encore étudiante, on l’a contactée pour lui confier au pied levé le rôle de Giovanna Seymour dans le Anne Boleyn de Donizetti. Malgré seulement 10 jours de préparation, elle s’en était tirée avec les honneurs. Une expérience qui marquera le début de sa passion pour le bel canto, mais aussi d’une carrière étoilée jalonnée d’acclamations et de distinctions, qui prendra véritablement son envol en 2003 au festival de Salzbourg, dans le rôle d’Annio de La Clémence de Titus. Une carrière qui sera aussi parsemée d’albums (lire autre texte) parus sous le prestigieux label Deutsche Grammophon. Le dernier, sorti en 2016, lui a permis d’incarner quelques-unes des grandes héroïnes du répertoire romantique, dont elle est une habituée, au même titre que les grands rôles mozartiens.

Depuis, la trajectoire de cette férue de music-hall et de flamenco, dont le cœur musical balance entre Mozart et Richard Strauss, s’est habituée à tutoyer les sommets sur les plus importantes scènes lyriques de la planète. Partout, on loue la voix puissante et les qualités d’interprétation de cette cantatrice charismatique née à Riga dans une famille de musiciens (son père était chef d’orchestre et sa mère également mezzo-soprano), qui a toujours voulu être sur scène, ambitionnant d’abord, adolescente, de devenir une actrice de théâtre. L’avenir en a décidé autrement… et personne ne s’en plaindra parmi ses partisans.


Label jaune

La talent de la chanteuse lyrique est vite remonté aux oreilles de Deutsche Grammophon, qui lui a fait signer un contrat en 2005. Son premier disque enregistré en soliste sur le célèbre label jaune, intitulé Aria Cantilena, la couvrira d’éloges dés sa sortie deux ans plus tard. Des éloges, mais aussi le prestigieux Echo Klassik dans la catégorie « Chanteur de l’année ». Suivront Bel Canto en 2009, Habanera en 2010, Romantique en 2012 et Meditation en 2014, auréolés eux-aussi d’un Echo Klassik (sauf pour Habanera). Il y a deux ans, en novembre 2016, un nouvel album voyait le jour : Revive. Enregistré à Valence en Espagne, il renferme notamment des extraits du Don Carlos de Verdi, Hérodiade de Massenet, Henri VIII de Saint-Saëns, ainsi que des pages célèbres d’Adriana Lecouvreur de Cilea et Samson et Dalila de Saint-Saëns. Beaucoup de femmes se croisent sur ce CD où il est beaucoup question de reconstruction, à commencer par celle d’Elīna Garanča, qui a perdu sa mère avant de rentrer en studio cette année-là.

 

Le 30 juin, à partir de 21h
Parc municipal de Luxembourg
Entrée libre
www.philharmonie.lu