Après 50 ans d’une carrière politique particulièrement riche, Christian Poncelet a tiré sa révérence. À 87 ans, l’élu vosgien s’est retiré avec le sentiment du devoir accompli. Fier de ses réussites. Les loupés et les échecs, il les a oubliés.

christian poncelet (© DR)« Je voudrais tout d’abord vous remercier d’avoir répondu présent à mon invitation. Ce n’est pas sans émotion que je vous ai invités ce matin car je viens de présider ma dernière commission permanente en tant que Président du Conseil général des Vosges entouré des 30 conseillers généraux ». C’est par ces mots que Christian Poncelet, 87 ans, a entamé son court discours de départ adressé aux journalistes, le 16 mars dernier, assurément ému. Il est vrai qu’il n’est certainement pas simple de mettre un point définitif à une carrière à la fois longue et riche.

Il a été 39 ans à la tête du Conseil général des Vosges dont il a pris la présidence en 1976.

Longue car Poncelet est entré en politique il y a une cinquantaine d’années, un univers qu’il n’a jamais plus quitté depuis. Riche car lui qui a fait l’École nationale professionnelle des PTT où il a débuté sa carrière en 1950, a connu tous les honneurs ou presque. Il s’est chargé lui-même de rappeler ses références. « Je fus nommé Secrétaire d’État sous les cabinets Messmer, Chirac et Barre, j’ai été député (de 1962 à 1977), sénateur pendant 37 ans ou encore Président du Sénat pendant 10 ans (de 1988 à octobre 2008) ». Ajoutons-y encore 39 ans à la tête du Conseil général des Vosges dont il a pris la présidence en 1976.

Les Vosges, il a en forcément été question lors de ces adieux car elles ont toujours été au cœur de ses préoccupations a précisé l’élu. « J’ai fait du désenclavement du département, mon cheval de bataille. Il m’est très vite apparu indispensable d’engager une politique volontariste afin de moderniser et développer le réseau routier départemental », a précisé Christian Poncelet qui cite volontiers la mise à deux voies de la RN 57 jusqu’en Haute-Saône. Sans oublier, toujours au registre du désenclavement, d’évoquer les arrêts du TGV à Épinal, Remiremont et Saint-Dié et le développement « indispensable » du très haut débit. Fier, il l’est aussi en ce qui concerne son investissement pour développer des emplois dans le département. « J’ai apporté une attention particulière à nos jeunes avec l’opération Jeunes Prêts à Bosser. Grâce à cette opération plus de 4 000 jeunes ont trouvé un premier emploi ou une formation » a-t-il déclaré tout en glissant un mot sur ses amitiés asiatiques, qui se sont notamment concrétisées via le groupe interparlementaire d’amitié France-Vietnam qu’il a fondé dès 1977 et la signature d’accords économiques entre les Vosges et la province chinoise de Shandong.

Après avoir cumulé 147 ans de mandats électifs, place donc à un peu de repos bien mérité…

Et au registre des loupés, des ratés, des échecs ? Avec le temps, on ne conserve finalement que les bons souvenirs, semble-t-il. Christian Poncelet n’en voit pas. Alors il concède un regret. « J’aurais aimé pouvoir faire plus. Mais j’ai le sentiment d’avoir fait ce que j’avais à faire » précise ce « gaulliste, fier de l’être ».
Depuis le 2 avril, Christian Poncelet a officiellement quitté ses fonctions. Lui qui a été fait « Officier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur » en début d’année, a tiré sa révérence pour reprendre ses termes. Mais pas totalement la scène politique et ses « théâtres ». « Je continuerai à me rendre comme habituellement au Sénat, où il m’a été attribué, en tant qu’Ancien Président, un bureau permanent. Je pourrai ainsi défendre en haut lieu les intérêts vosgiens », a-t-il précisé en guise de conclusion. Les Vosges où il sera régulièrement même s’il compte passer aussi une partie de l’année dans sa villa de Sainte-Maxime, dans le Var. Celle là même qui lui avait valu quelques soucis ? Ce n’est pas le moment ! Après avoir cumulé 147 ans de mandats électifs, place donc à un peu de repos bien mérité… Et aux suivants ! Au pluriel. Depuis tout ce temps…