Le tandem d’écrivains Carlo Bonini et Giancarlo de Cataldo dans le livre Rome Brûle , aux éditions Métailié Noir poursuit sa descente dans les enfers de corruption et de violence  qui n’en finissent pas de consumer la capitale italienne . Ce roman, dense et merveilleusement écrit, se pose en digne suite du terrible Suburra.

Rome brûle mais cette fois, Néron n’y est pour rien. Ce sont des flammes d’un autre genre qui détruisent l’ancienne reine de l’Occident : meurtres, violence, rivalités entre bandes mafieuses, complicité de certains personnages politiques, … Résumer clairement une telle intrigue n’est pas une mince affaire : tout commence en mars 2015 avec l’annonce du Pape François d’un jubilé de la Miséricorde qui se déroulera l’année suivante. Et un peu comme la ville qui accueille les Jeux Olympiques, Rome doit faire peau neuve pour cette manifestation religieuse. Or, les travaux publics sont un enjeu financier de taille pour les diverses factions mafieuses et les politiques de tous bords. Rapidement, les rivalités explosent, la ville s’embrase. Sebastiano Laurenti, « représentant » de Samouraï qui croupit pour l’heure en prison, laisse éclater ses ambitions et veut clairement remplacer son mentor. On commence avec quelques assassinats et manipulations et on aboutit à une grève générale.

Giancarlo de Cataldo, magistrat à la Cour de Rome et grand auteur de romans noirs (dont le célèbre Romanzo Criminale) et le journaliste Carlo Bonini décrivent avec talent les accointances politico-mafieuses qui font les beaux jours –façon de parler- de la société romaine. Il paraît d’ailleurs que « quiconque suit l’actualité de la capitale italienne reconnaîtra sans mal la plupart des protagonistes » mais ce n’est pas une condition nécessaire pour apprécier le roman à sa juste valeur : le récit est dense, l’écriture est vive, la structure narrative rigoureuse. Le lecteur ne s’ennuie pas mais ne se sent jamais perdu malgré les nombreux personnages et les enjeux complexes.