À LA PHILHARMONIE LUXEMBOURG


La Philharmonie de Luxembourg met à l’honneur la création contemporaine avec le festival Rainy days, consacré aux musiques nouvelles. Au programme, une vingtaine de concerts pour des musiques hybrides au croisement de multiples esthétiques, où s’invitent performances et installations.

Le festival Rainy days fête sa vingtième édition, la quinzième à la Philharmonie de Luxembourg, avec un mot d’ordre : « Come together again !  ». Une invitation en forme de manifeste pour le festival des musiques nouvelles, occasion de rencontres entre le public et des artistes de tous horizons. Musique orchestrale, free jazz, musique électronique et expérimentale, musiques du monde… l’ouverture et l’inventivité sous toutes ses formes au sein d’une scène en pleine ébullition créatrice.

Parmi les invités d’honneur de cette édition, le compositeur William Kentridge assurera le concert d’ouverture du festival. Il livrera son interprétation du poème dadaïste Ursonate créé par Kurt Schwitters en 1932 : une performance multimédia aux côtés du danseur de claquettes Peter Kuit et de la chanteuse improvisatrice Ariadne Greif. La journée suivante sera dédiée à une autre figure reconnue pour son œuvre vaste et protéiforme : le multi-instrumentiste américain Anthony Braxton, pionnier du free jazz. Sa pièce Ghost Trance Music sera interprétée en septet avant un concert où il se produira au sein du Diamond Curtail trio. D’autres adeptes de l’improvisation et des croisements, les frères Keyvan et Bijan Chemirani, proposeront une rencontre entre la musique perse et la musique baroque et contemporaine occidentale. Leurs œuvres côtoieront celles de Yannis Kyriakides et d’autres compositeurs, avec un ensemble composé de musiciens classiques et du maître de la lyre Sokratis Sinopoulos.

Le voyage au-delà des frontières se poursuit avec Cedrik Fermont, explorateur infatigable des musiques d’avant-garde d’Afrique et d’Asie. Pour Rainy days, il présentera sa toute nouvelle œuvre ainsi qu’une sélection de musiques expérimentales africaines baptisée Alternate African Reality au cours d’une session électronique nocturne. Autre expérience hors-normes, l’union de Stephen O’Malley du groupe de doom metal Sunn O))) et du multi-instrumentiste Oren Ambarchi, tous deux piliers du rock expérimental, avec l’audacieux violoncelliste Charles Curtis, pour une nouvelle composition écrite spécialement par la légende du minimalisme Alvin Lucier.

Plusieurs œuvres totalement originales seront à voir et à entendre dans le cadre de Rainy days. A noter la commande par la Philharmonie de Luxembourg au compositeur grec Georges Aperghis, qui se consacre au théâtre musical depuis les années 1970, interprétée par l’ensemble l’Instant donné. Autre œuvre de commande inédite, les pièces acousmatiques du compositeur luxembourgeois Damiano Picci et de la compositrice américano-britannique Evelyn Ficarra par les flûtistes Aniela Stoffels et Markus Brönnimann, avec l’orchestre de haut-parleurs des Noise Watchers. L’Orchestre de la Philharmonie sera bien entendu présent, pour un concert combinant trois œuvres contemporaines récentes de Franck Bedrossian, Enno Poppe et Stefan Prins, ainsi que de la trop méconnue Eleanor Hovda. Il assurera également le grand concert de clôture de Rainy days aux côtés de l’ensemble luxembourgeois United Instruments of Lucilin.

En marge des concerts, le festival organise plusieurs discussions avec les artistes programmés dans le cadre de ses rencontres Résonances. Parmi les nombreuses autres propositions, vous pourrez croiser un récital de cuivres, des marionnettes, un hommage au mouvement Fluxus… la découverte et l’expérience tous azimuts n’auront jamais été autant à l’honneur que pendant ces semaines riches et éclectiques à la Philharmonie de Luxembourg.

Rainy days, du 12 au 5 décembre à la Philharmonie de Luxembourg.
www.philharmonie.lu