C’est l’histoire d’un peintre talentueux que retrace l’exposition du Musée de la Sarre jusqu’au 5 juillet. Celle d’Albert Weisgerber, tombé trop tôt sur un champ de bataille de la Première Guerre mondiale.

© Albert-Weisgerber - Strand auf NordeneyComme tant d’autres artistes, Albert Weisgerber n’a pas survécu à la Première Guerre mondiale. Le 10 mai 1915, le lieutenant rendait son dernier souffle sur un champ de bataille, à l’âge de 37 ans. Pour marquer le centenaire de sa disparition, le Musée de la Sarre lui consacre une rétrospective d’envergure. Cette exposition, placée sous le parrainage de M. Stephan Toscani, Ministre des Finances et de l’Europe, apporte, à travers environ 140 œuvres comprenant des peintures, des dessins et des croquis, un éclairage sur cet artiste qui semblait promis à une brillante carrière. Parmi les combattants bavarois, un autre peintre, plus médiocre celui-ci, allait sortir vivant de ce bourbier pour devenir, quelque deux décennies plus tard, un des pires criminels de l’Histoire… Cruelle ironie du destin.

Mais revenons à cet enfant de la ville frontalière de Saint-Ingbert, qui deviendra un des principaux représentants de l’art moderne munichois. Après avoir débuté une formation de peintre décorateur à Francfort, cet espoir de la peinture allemande étudiera à l’Académie des arts de Munich. Il ne tardera pas à se frayer un chemin parmi les courants avant-gardistes de l’époque, en collaborant par exemple avec le magazine Die Jugend, dont la notoriété avait gagné l’Europe. Son poste de premier président de la Nouvelle sécession de Munich, un mouvement anti-conformiste, en témoigne également. Son œuvre a connu un tournant après son premier voyage à Paris, en 1906, où il fera notamment la connaissance de Matisse. Il sera fortement influencé dans sa production par Henri de Toulouse-Lautrec, Paul Cézanne et Edouard Manet, ce qui se manifestera dans l’évolution de sa peinture.

L’exposition est visible jusqu’au 5 juillet
au Musée de la Sarre
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