Cette 2ème pépite confirme le talent de Todd Robinson révélé dans son premier roman Cassandra. Sous sa plume, langage parlé, réalisme social et humour décapant ne sont pas de simples artifices mais collent littéralement à son ADN littéraire. Une affaire d’hommes nous ramène dans les bas-fonds de Boston, au cœur d’une nouvelle enquête menée par nos deux videurs préférés, Boo et Junior, avec l’irrévérence qui les caractérise.

On retrouve Boo et Junior là où on les avait laissés à la fin de Cassandra, cassés de partout comme Riggs et Murtoff –enfin, surtout Riggs- à la fin de chaque Arme fatale. Les deux videurs du Cellar sont mêlés à une histoire tordue à l’insu de leur plein gré. Ginny, la serveuse du bar où ils officient, demande aux deux chevaliers blancs de jouer les brutes épaisses pour la débarrasser d’un harceleur. Ils assument leur rôle à la perfection mais le casse-pieds en question est retrouvé mort quelques heures plus tard avec le téléphone portable de Junior dans les poches. Forcément, ça crée la confusion. Véritables serial gaffeurs, pas si bêtes ni vraiment méchants, les deux frangins paient à nouveau douloureusement leurs maladresses.

Dans ce 2ème opus, on en apprend un peu plus sur la jeunesse de Boo, Junior, Ollie et Twitch, cette bande des quatre qui en a bavé à l’orphelinat. Depuis toutes ces années, ils forment une famille, pas au sens traditionnel mais une « famille de la rue », indestructible, soudée par les galères. Todd Robinson révèle les épreuves qu’ils ont traversées avec assez d’émotions pour nous attacher encore un peu plus aux personnages et leur donner de l’épaisseur mais sans donner dans le pathos. Il ne s’agit pas de faire pleurer dans les chaumières mais d’afficher une réalité humaine et sociale que l’on ne peut pas éternellement cacher sous le tapis comme un tas de poussières. Avec une plume toujours aussi aiguisée, un humour toujours aussi corrosif, l’écrivain nous fourre carrément le nez dedans.