Sur Netflix saison 1

Reboot du film choc La Vague de Dennis Gansel, Nous, la Vague, cette nouvelle série allemande adapte très librement le récit original. On oublie l’expérience sociale qui échappe au professeur, mais on garde les adolescents aux manettes d’une organisation totalitaire.

Le long-métrage de Dennis Gansel sorti en 2008 aura marqué toute une génération de lycéens (difficile d’y couper en cours d’allemand). La Vague s’inspire de l’expérience d’un régime totalitaire menée par un professeur d’histoire californien avec une classe de première, pendant une semaine d’avril 1967 : le film déplace l’action dans un lycée allemand des années 2000. C’est par la pratique que l’enseignant va prouver à ses élèves, d’abord dubitatifs, que la dictature telle que l’a connue leur pays sous le régime nazi pourrait revenir du jour au lendemain. La classe et l’enseignant se réapproprient petit à petit les codes d’une autocratie : ils portent un uniforme, ils se dotent d’un symbole et d’un salut de ralliement. Discipline et esprit communautaire sont de rigueur. Rapidement, les règles établies dans le cadre du cours se mettent à dépasser l’enceinte de l’école. Certains étudiants s’impliquent alors de manière extrême dans ce qui n’est plus un simple jeu de rôle : ils créent un parti politique, La Vague, et se mettent à persécuter tous les non-partisans. L’expérience prend alors une tournure dangereuse et court à la catastrophe. La nouvelle adaptation proposée par Netflix prend des libertés avec le scénario original : pas d’expérience sociale ici, mais une bande de jeunes marginaux aspirant à une meilleure vie. Ils sont recrutés par un nouvel élève qui devient leur leader dans un combat contre le reste du monde. Ils créent alors une communauté régie par des règles et valeurs qui leur sont propres. Très vite cependant, ce qui s’apparente à un mouvement de libération se transforme en une vague violente et fasciste. Si le show prend des faux airs de série pour ados, il n’en éveille pas moins la curiosité des spectateurs ayant quitté les bancs de l’école. D’ailleurs, on retrouve derrière la caméra la même équipe que celle du film, et notamment le réalisateur Dennis Gansel.