Jean Teulé revisite avec Héloïse, ouille ! aux éditions Julliard, la célébrissime histoire d’amour d’Héloïse et de Pierre Abélard, laissant leur amour charnel prédominer sur l’amour spirituel.

OUILLE-ABELARD-ET-HÉLOISE (© DR)Paris, île de la Cité, début du XIIè siècle, sous le règne de Louis VI le Gros. Pierre Abélard est un érudit, professeur de philosophie, de dialectique et de rhétorique. Il est adulé par ses étudiants, par les futurs ecclésiastiques comme par les laïcs. Abélard a 38 ans et est au sommet de sa gloire lorsqu’il accepte l’offre du chanoine Fulbert de devenir le précepteur de sa nièce Héloïse. Cette jolie blonde de 18 ans, d’abord élevée et instruite à l’abbaye d’Argenteuil. Son goût pour les études et son intelligence font d’elle une jeune femme atypique pour l’époque. Dès leur première rencontre, c’est le coup de foudre. Leur histoire d’amour ne resta pas platonique longtemps. Jean Teulé rentre, dès les premières pages de son roman, dans le vif du sujet. « À peine assise, jambes croisées à côté du précepteur, celui-ci, pris soudain d’une volupté bestiale et irrationnelle, lui attrape une main qu’il plaque directement sur son vit puis, se tournant, il enlace la filleule de Fulbert dont il caresse le dos, la taille et le ventre. » Une passion charnelle va consumer le maître et l’élève, s’adonnant à l’Ars Amatoria. La suite est connue : Héloïse tomba enceinte (leur fils Astrolabe sera élevé en Bretagne), Abélard qui a épousé Héloïse, en secret, sera quant à lui châtré, conséquence de la vengeance de Fulbert. Honteux de cette déchéance, il impose à Héloïse de se retirer dans un monastère, tout comme lui. La légende gardera en mémoire leur correspondance épistolaire (Abélard ne refera surface que de nombreuses années après leur séparation) que s’échangeront les deux amants, transformant leur amour charnel en amour courtois et spirituel. Enfin, c’est davantage le cas pour Abélard car Héloïse, devenue mère abbesse du Paraclet bien malgré elle, dit l’aimer toujours de « tout son corps ». C’est cette histoire que Jean Teulé explore à sa façon, en prenant soin, comme à l’accoutumée, de nommer un chat… un chat.