Cassandra, aux éditions Gallmeister de l’auteur Todd Robinson, concentre tous les poncifs du bon vieux roman noir américain. Et c’est pour ça qu’on l’aime ! Dynamique et bourré d’humour, il nous réjouit de la première à la dernière page.

Boo et Junior sont videurs au Cellar, un bar miteux de Boston. Le duo de deux cent quinze kilos ne s’est pas quitté depuis l’orphelinat. Ils ont monté une petite boite d’agents de sécurité le 4PC. Leur première mission d’envergure leur tombe dessus sans crier gare. Ils doivent retrouver la fille du procureur de Boston, une gamine pourrie gâtée qui a sûrement fait une fugue. Le job est bien payé. Pourquoi pas. Mais l’affaire se complique de chapitre en chapitre. Les deux enquêteurs qu’ils sont en train de devenir n’en mènent pas large. Ce qu’ils découvrent les écœurent et réveillent de vieilles blessures. Certains reprocheront à Todd Robinson un manque d’originalité et l’usage de tous les clichés du genre. Mais justement, c’est ce qui fait tout le charme du roman. Il est classé dans la collection Néonoir des éditions Gallmeister. La volonté de cette collection est de rendre hommage pour ne pas dire ressusciter le roman noir américain de la vieille école. Le Cassandra de Todd Robinson rentre parfaitement dans cette catégorie : des personnages hauts en couleurs, un humour pince sans rire, un zeste de grossièretés et un portrait sans complaisance de la société bostonienne qu’il s’agisse de l’élite sociale ou des bas fonds avec son lot de soiffards, de gamins paumés, de flics corrompus et de tordus en tous genres. L’écriture de Todd Robinson est efficace. On ne s’ennuie pas et on s’attache à ses personnages. Il faut dire que l’auteur sait de quoi il parle : il a été videur de boite de nuit et barman à New York avant de diriger Thuglit la revue spécialisée en littérature policière qu’il a fondée en 2012.