L’ouvrage Reportages pour mémoire, aux éditions Erick Bonnier, du journaliste Philippe Rochot réunit des clichés personnels d’un amoureux de l’Orient : trente années d’Histoire, de troubles, mais aussi d’humanités saisies sur le vif.

C’est l’histoire d’un rêve, celui de l’Orient et d’un Liban « pays du lait et du miel », entamé par Philippe Rochot au début des années 70, lorsqu’il s’embarque pour l’Arabie Saoudite avant de rejoindre Beyrouth peu avant la guerre du Kippour. « Cette ville représentait véritablement un rêve pour moi, et l’idéal pour un correspondant, car au cœur du Proche-Orient, traversée par de nombreuses communautés » déclare celui qui fut reporter pour France Inter puis France Télévision, récompensé par le prix Albert-Londres en 1986 pour ses reportages au Liban. L’appareil photo toujours en bandoulière, il saisira pendant trente ans une multitude d’instantanés : à Beyrouth, où il sera détenu pendant plus de cent jours par un groupe terroriste, en Arabie Saoudite, en Égypte, en Iran, au Rwanda, en Somalie, lors des conflits en Afghanistan, puis en Chine.
Reportages pour mémoire réunit des images qui ont la capacité, selon le journaliste et photographe amateur, de marquer les esprits comme aucun autre médium, et qui constituent pour lui autant de souvenirs partagés. « La photo permet d’apporter une autre vision des événements, chaque cliché ayant sa propre histoire, explique le journaliste. Ce livre est le témoignage de quelqu’un qui aime ces pays et leurs habitants, qui veut comprendre comment ils fonctionnent, et vivre au rythme du monde. »
Au fil des quelque 150 pages du livre, nous revivons des moments d’Histoire et découvrons aussi beaucoup de visages anonymes. Cet attrait pour les portraits constitue peut-être le cœur de ce recueil, son message : voici trente années d’un Orient aux visages multiples, tour à tour rêve brisé, passion et source d’espoir jamais tarie pour un humaniste convaincu.