© Luc Bertau

La céramique et le commerce n’ont plus de secret pour Anis Khemir. Ce Tunisien établi à Vittarville dans la Meuse, est à l’origine du site de vente en ligne Yodeco, spécialisé dans l’art de la table orientale. Les pièces, fabriquées par des artisans à Nabeul, atterrissent sur les tables de France et d’Europe.

Anis Khemir est un homme de peu de mots. La voix est douce, posée. Ce Tunisien né à Nabeul s’est lancé dans le commerce en ligne en 2010 – un projet longuement mûri – trois ans après avoir rejoint la Lorraine, où il a épousé Valérie, rencontrée à Djerba en 2004.

Le commerce, parlons-en. Chez ce père de famille aussi discret qu’attachant, c’est presque une seconde nature. Si certains peuvent se targuer d’avoir la bosse des maths, lui, c’est celle des affaires qui a guidé sa vie, avec notamment la gestion d’un magasin de chaussures à Tunis, en 2005. Vingt-cinq ans dans le domaine du commerce, ça forge l’expérience, mais aussi des convictions. D’autant qu’Anis Khemir a de la ressource et un courage à toutes épreuves. Et surtout : il ne manque pas d’idées. L’ancien GO au Club Med – où il a évolué une dizaine d’années – a fini par devenir grossiste international en vaisselle orientale dans son pays d’adoption, plus précisément Vittarville, un petit village de la campagne meusienne. C’est là, dans un entrepôt qui jouxte son domicile, qu’atterrissent toutes sortes de pièces fabriquées et décorées à la main par des artisans de sa terre natale, berceau de la céramique et de la poterie en Tunisie, à qui il rend visite plusieurs fois par année, pour suivre l’évolution des commandes, et parfois apporter sa touche personnelle. Car en bon commerçant qu’il est, il sait que s’il veut perdurer, il doit se renouveler. La création sur mesure procède d’ailleurs de cette envie constante de satisfaire le client, lequel a la possibilité de personnaliser certaines réalisations, pour un mariage ou un anniversaire par exemple.

Sa « caverne d’Ali Baba », comme il appelle son entrepôt français (il gère également une plateforme de distribution en Tunisie), regorge de créations de formes et de couleurs différentes. Un condensé d’assiettes, de jattes, de plats, de bols, de cendriers et autres couscoussiers… sans oublier l’incontournable tajine, un des produits phares de l’art de la table oriental. Tous ces modèles améliorés et modernisés partagent un savoir-faire ancestral auquel le chef d’entreprise de 46 ans accorde beaucoup d’importance, lui qui est très à cheval sur la qualité de ses produits, « garantis sans plomb », insiste-t-il au passage. Et compatibles avec un four à micro-ondes ou un lave-vaisselle.

Une fois réceptionnés dans la Meuse, ces derniers sont ventilés en France et à l’étranger, par le biais des trois sites internet de Yodeco, mais aussi de plateformes incontournables sur la Toile, à commencer par le géant américain Amazon. Le profil de sa clientèle ? Des particuliers et des professionnels, dont des grossistes et des revendeurs, mais aussi des restaurateurs ou des traiteurs. « On vend en gros, en semi-gros ou au détail. »

Pourquoi Yodeco ? La question fait presque sourire son créateur. « Je ne sais pas, ça m’est venu comme ça. Je cherchais un nom au moment de me lancer dans cette aventure. J’ai pensé à déco, pour le côté décoration, et à ma grand-mère maternelle, qu’on appelait souvent Ya. Mais comme Yadeco était déjà pris, j’ai choisi Yodeco. »

Huit ans après sa naissance, l’entreprise de vente en ligne tourne bien et les commandes vont bon train. Jamais à court de projets motivants, Anis Khemir a saisi récemment l’opportunité d’un partenariat avec Saturnia, une entreprise italienne qui a bâti sa notoriété dans la fabrication de vaisselle en porcelaine. « Ils m’ont proposé de travailler avec eux en vendant leurs produits, et j’ai accepté. » La bosse des affaires, encore et toujours.

www.yodeco.fr
www.yodeco.eu
www.grossiste-vaisselle-orientale.com