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La Philharmonie Luxembourg recevra de la grande visite le 15 février, dans le cadre d’une soirée consacrée notamment aux Wesendonck-Lieder de Wagner. Ces poèmes marqués par la passion amoureuse seront interprétés par la soprano allemande Anja Harteros, reconnue pour son engagement sur scène et sa technique irréprochable.

Tendez bien l’oreille. Ce message s’adresse aux public qui sera présent à la Philharmonie Luxembourg le vendredi 15 février. Les tympans vont avoir droit à une grosse part de dessert ce soir-là. La scène du Grand Auditorium accueillera en effet une des grandes dames du chant lyrique, sans doute l’une des sopranos les plus accomplies de sa génération, qui aura pour mission d’interpréter les célèbres Wesendonck-Lieder de Richard Wagner, frappés d’un amour interdit (lire autre texte). Une mission largement à sa portée. L’intensité de ses interprétations scéniques et la beauté dramatique de son timbre aux vibrations profondes ont bâti la réputation de celle qu’on présente comme une perfectionniste acharnée. Chose certaine : la routine n’est jamais au programme de ses récitals, que ce soit à Munich, son port d’attache, à qui elle réserve le plus grand nombre de ses apparitions, ou sous les projecteurs étrangers. De qui parle-t-on ? D’Anja Harteros, à qui la chaîne culturelle allemande 3sat a consacré un documentaire en 2016, rediffusé sur Arte en 2018. La diva y évoquait pour la première fois des aspects de sa vie privée, mais aussi, entre autres, les difficultés qu’elle rencontrait face à la célébrité, ainsi que la pression lié à son métier.

Comme beaucoup de ses homologues, la native de Bergneustadt en Allemagne a forgé son style et sa voix au contact de Mozart, avant de faire ses classes au sein de troupes d’opéra de son pays. Née en 1972 d’une mère grecque et d’un père allemand, Anja Harteros verra son destin basculer 27 ans plus tard, lorsqu’elle deviendra la première Allemande à remporter le premier prix du prestigieux concours BBC de Cardiff. A partir de là, les portes des grandes maisons d’opéra s’ouvriront à elle. La suite ne sera qu’une succession de rôles plus marquants les uns que les autres, en compagnie des plus belles baguettes de ce monde. Car elle aura chanté sous la direction des plus grands chefs d’orchestre, de Marco Armiliato à James Conlon, en passant par Kent Nagano, Christian Thielemann ou encore Sir Roger Norrington. En décembre dernier à l’Opéra d’Etat de Bavière, son interprétation de Desdemona dans le Otello de Verdi avait confiné au sublime. Certains avaient salué sa technique irréprochable, d’autres le raffinement de son chant… Plus récemment, au Théâtre des Champs-Elysées à Paris, elle triomphait dans le rôle d’Arabella cette fois.

Sur scène, Anja Harteros fait partie, dit-on, de ces artistes qui capturent le regard et l’attention. La soirée luxembourgeoise ne devrait pas faire exception.

Le vendredi 15 février à 20h,
Grand Auditorium de la Philharmonie Luxembourg
www.philharmonie.lu

L’amour entre les notes

Parmi les œuvres qui seront interprétées dans le Grand Auditorium figurent les célèbres Wesendonck-Lieder, un cycle de douces mélodies qui jure dans le répertoire de Richard Wagner, plus habitué aux opéras. Ces pièces ont vu le jour dans la seconde partie du XIXe siècle, alors que le compositeur allemand entretenait une relation amoureuse avec Mathilde Wesendonck, l’épouse d’un industriel mélomane dont il avait fait la connaissance durant son exil en Suisse, à Zurich, et qui deviendra l’un de ses mécènes. Le musicien écrira pour elle une sonate pour piano, et mettra en musique 5 de des poèmes que sa muse avait écrits pour lui. Ce sera l’une des rares occasions où il composera sur un texte écrit par quelqu’un d’autre. Malheureusement pour lui, sa femme Minna découvrira le pot aux roses, ce qui fera éclater leur couple en même temps que cette relation interdite. Les Wesendonck-Lieder font écho à la douloureuse et radicale expérience de la passion amoureuse, au même titre que l’opéra de Tristan et Isolde, une autre des pièces emblématiques de Richard Wagner.