Les Frigos Ardents© Petite Lune

Le festival Constellations de Metz, dédié aux arts numériques, propose un regard sur l’art d’aujourd’hui et une redécouverte de la cité messine au sein de lieux emblématiques ou plus secrets.

Pour la troisième année consécutive, Metz opère sa mue le temps d’un été : à l’occasion du festival Constellations, plus de cinquante œuvres monumentales et installations audiovisuelles investissent places et recoins de la ville, ses monuments, jusqu’aux jardins et même au fil de l’eau. En lien avec l’identité « art and tech » du territoire messin, les arts numériques constituent le cœur de Constellations, provoquant une immersion totale au sein de la ville et de son patrimoine. Trois parcours comme autant d’artères sillonnant Metz (et cette année Woippy et Montigny-lès-Metz) ont été imaginés, autour de trois thèmes : Pierres numériques, Street-art et Art et jardins (voir encadrés). Concerts et spectacles viendront également ponctuer l’été.

De jour comme de nuit, Constellations compte bien briller et faire briller les yeux des passants et des amateurs d’art et de culture. Cette métamorphose estivale est aussi une manière pour la ville de faire valoir ses atouts : ses richesses naturelles, notamment la présence de l’eau, l’un des fils conducteurs de Constellations, la valeur de son patrimoine, ses lieux de vie et de rencontre… sans oublier les structures culturelles associées à la programmation à travers divers événements et créations, de la Cité musicale au Centre Pompidou-Metz. En termes de nouveautés, des lieux historiques ou récemment investis : l’agréable guinguette des Frigos ardents, le Château de Courcelles et son écrin de verdure à Montigny-lès-Metz, les Terrasses flottantes sur les berges de Moselle et l’Agora du quartier messin de La Patrotte, pensée autour de la culture numérique… autant de symboles résumant les principes fondateurs de Constellations 2019.      

Pour tous renseignements, les Stations Constellations :  Gare de Metz, Place d’Armes J.F. Blondel, Terrasses flottantes sur les berges de la Moselle, Les Frigos ardents Avenue du Général Ferrié.
www.constellations-metz.fr

Couleurs de la rue

street art - Notre héritage© Graffmatt

street art – Notre héritage© Graffmatt

Du Centre Pompidou-Metz jusqu’à l’Agora, quartier de la Patrotte, le parcours Street art vous emmène le long de la ligne du Mettis à la découverte de dix-huit œuvres, graffitis, installations, dessins et peintures, dont trois sont destinées à être pérennes. Une autre relecture de la ville pensée comme un espace dédié aux artistes de l’espace urbain, qui investissent murs, façades et mobilier urbain. Le duo franco-espagnol Dourone, constitué d’Élodie Arshak et Fabio Lopez Gonzalo, ont réalisé pour l’occasion une fresque urbaine face à l’Agora : une figure féminine monumentale viendra ainsi habiller les perspectives de la rue Théodore de Gargan. Un autre visage féminin, en dialogue avec son homologue masculin, apparaît en centre-ville, rue des Clercs, à l’initiative de l’artiste Graffmatt.

S’inspirant des lignes Nazca, qui dévoilent leur aspect vues du ciel, Lek et Sowat invitent à une rencontre du 3e type avec Aliens welcome, qui s’étend place de la République et rue Winston Churchill. D’autres artistes jouent avec les perspectives et les supports de création, à l’image de Miroirs et réflexions de Serge Wilczynski, face à la gare, ou encore d’Abstraction réaliste de Kogaone, qui privilégie formes creuses et arrondies pour y apposer son graffiti.


Ligne verte

arts et jardins - Effeuillages-Sarah Poulain © DR

arts et jardins – Effeuillages-Sarah Poulain © DR

Le thème de l’écologie urbaine et de la présence du végétal dans la ville, qui se niche et s’expose partout à Metz, sera exploré par le parcours Art et jardins, qui s’étend de la porte des Allemands aux jardins du Château de Courcelles. Vingt-deux œuvres au fil de la Seille et de la Moselle invitent à profiter d’espaces verts revisités par les arts des jardins comme par l’art contemporain, la sculpture ou encore la photographie. Le Jardin de l’Esplanade, la place de la Comédie et sa fontaine, le Plan d’eau, le Jardin botanique… autant de lieux de rencontre entre art et nature.

Face au Quai des Régates, des Terrasses flottantes installées sur les berges sont le lieu de rendez-vous atypique et convivial de Constellations 2019 en même temps que son point de repère, pour boire un verre et se renseigner sur la manifestation. C’est le lieu choisi par l’artiste El Paro pour y installer Sphaera, œuvre graphique et naturelle, en lien aussi bien avec l’environnement urbain qu’avec la nature. Porte des Allemands, les papiers colorés et délicatement découpés de Sarah Poulain reproduisent en maquettes des bâtiments messins. La véritable dernière station d’Arts et Jardins se trouvera Gare de l’Est… une incursion de Constellations à Paris avec le jardin éphémère A l’Est d’Éden.

 

 

 


La nuit étoilée

Pierres numériques -Submergence©Squidsoup

Pierres numériques -Submergence©Squidsoup

Le parcours « Pierres numériques », c’est l’épopée nocturne du festival Constellations. Son temps fort est incontestablement le mapping vidéo géant sur la façade de la Cathédrale Saint-Etienne, avec cette année une toute nouvelle création signée Vincent Masson et le collectif SIN, baptisée Morphosis. Concentré dans le cœur historique de Metz, ce parcours de 13 stations vous emmènera du Musée de la Cour d’or, où vous vivrez Submergence, installation interactive visuelle et sonore, jusqu’à la Basilique Saint-Vincent, également transformée en expérience immersive avec 1,3 seconde, exploration physique des liens entre lumière, temps et espace.

En relation avec l’élément aquatique, surplombant la Moselle, Parcours numériques offrira des œuvres telles que Constellations, installation audiovisuelle sur la pointe Fabert, où de fines gouttes d’eau jouent le rôle de support à la diffusion de la lumière. Les Mécaniques discursives, dialogue dada entre gravures sur bois et video-mapping, s’étendront entre le Moulin des Thermes et le Jardin Fabert, tandis qu’à l’Opéra-théâtre, en lien avec l’exposition Opéra-monde en Centre Pompidou-Metz, Helen et Gordon de Dominique Gonzales-Foerster mixent cinéma et opéra. Et au fil de l’eau, peut-être verrez-vous émerger la figure bien connue d’un gros poisson…