(© Luc Bertau)
Peintre, sculpteur, poète et musicien, Paul Richard Mason a l’approche décomplexée de l’artiste en balade. Sa vie l’a mené des États-Unis, où il a grandi, à l’Angleterre de son adolescence jusqu’à la France, où il vit depuis vingt ans. Ses rêves l’emmènent aux quatre coins du monde, des époques, entre couleurs de la toile et nuances de l’esprit.

C’est devant un paysage de formes colorées, figuratives ou abstraites, que l’on a l’impression de survoler, que débute la tentative de cartographie du parcours artistique de Paul Richard Mason : dans The Maya village, l’une de ses dernières créations, on retrouve sous forme de fragments sa fascination pour les civilisations anciennes, mexicaines ou africaines notamment. « C’est comme la manifestation d’un art brut où les idées sont jetées sur la toile comme elles me viennent à l’esprit » explique l’artiste. Si on a pu rapprocher son style pictural de Picasso ou encore de Braque, lui-même laisse parler son ressenti et ses envies pour accoucher de séries où la méthode, les thèmes, les matières varient. « Le fait d’être autodidacte, de ne pas avoir suivi de formation, ne m’a jamais manqué, ajoute-t-il. J’ai pu inventer mon propre langage, mes outils, sans jamais avoir peur du mélange. » « On peut voir certaines de mes œuvres comme un hymne à la femme, qui est aussi un symbole de ma sensibilité et de ma créativité »Il dessine ses premiers croquis dès son plus jeune âge, encouragé par une mère à l’âme d’artiste et un père qui lui transmet son esprit méthodique. Né en Pennsylvanie, Paul Richard Mason déménage avec sa famille en Angleterre à l’âge de 13 ans : il vivra difficilement ce changement radical de culture, sans que cela endigue son envie de créer ni sa spontanéité. Dans un processus de création très organique, travaillant toujours au sol, aimant utiliser la plume ou des outils détournés comme la clé de châssis, il peut réaliser des toiles aux traits noirs omniprésents, sur des œuvres comme griffées (la série Altered states) avant d’adopter la courbe et la couleur. Aux côtés de célébrations à l’harmonie et à la nature, les figures féminines se multiplient : « on peut voir certaines de mes œuvres comme un hymne à la femme, qui est aussi un symbole de ma sensibilité et de ma créativité » analyse Paul Richard Mason. Il travaille la pierre de Jaumont, témoignage de son attachement à la Lorraine où il séjourne souvent lorsqu’il s’éloigne de sa galerie à Saint-Tropez, tout en continuant à réaliser quelques croquis ou des objets de décoration. À ses débuts, exposer son travail « lui donnait des cauchemars ». Aujourd’hui, il le présente avec sérénité, évoquant sans détours l’influence primordiale d’émotions, de références personnelles, de fragments de souvenirs. Des images qui surviennent fragmentées, recomposées sur la toile. « Pour chaque collection, je navigue entre les sentiments. Créer est simplement le fruit d’une envie terrible, irrépressible. »

Œuvres visibles à partir de janvier 2016
Quartier Outre-Seille à Metz, dans le cadre de Vitrines éphémères,
manifestation organisée par la Ville de Metz.
Mais aussi chez Galerie Mason-Noirez Saint-Tropez
et Art’cadre à Bereldange, Luxembourg
Informations : Alissia Noirez au 06 72 20 96 26
www.galeriemasonnoirez.com


Paul-Mason-&-The-white-lizards-(©DR)

Paul Mason & The White lizards (©DR)

ÉCRITURES PARALLÈLES

Pour Paul Richard Mason, la musique est étroitement liée à son approche plastique de l’art. « Musique et peinture se complètent, je ne peux pas choisir entre les deux, précise-t-il. Je pense d’ailleurs qu’il y a quelque chose de rythmique, de musical dans mes toiles. » Après avoir fondé diverses formations comme 7 Cents ou Mason, il officie désormais au sein des White Lizards, dont le premier album auto-produit, Time will come…, sort en 2013. Sa voix un brin nostalgique, sa guitare tout aussi rêveuse, négligemment grattée, peut aussi s’emballer sur une musique où la culture US des Pink Floyd ou des Beach boys comme celle des Beatles laissent leur empreinte : un croisement entre folk et brit-pop évoquant une rencontre entre son enfance aux États-Unis et son adolescence en terre britannique. Le groupe prépare actuellement son deuxième album. « On a envie de monter en puissance, de se professionnaliser, et aussi d’imprimer un côté plus mélodique et accrocheur à notre musique » annonce Paul Richard Mason.