Une partie de l’Université du Luxembourg est désormais installée sur le quartier d’Esch-Belval. Plus de 2 000 étudiants vont y évoluer. Une véritable bouffée d’oxygène pour le quartier qui souffrait jusqu’alors d’un manque de… vie.
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L’arrivée de 2000 étudiants sur le nouveau campus de l’Université du Luxembourg va redynamiser le quartier d’Esch – Belval (©-123-RF / DR)

Le quartier d’Esch-Belval accueille depuis de nombreuses années déjà de nombreux commerces, des bars, des restaurants et différents lieux de loisirs. Les premières réalisations sont sorties de terre il y a plus de 10 ans déjà : la Rockhal, la plus grande salle de concert du Luxembourg en 2005, le transfert du centre de Recherche « Gabriel Lippmann », en 2005. En 2008, ouvre aussi le centre Belvalplaza 1 qui propose des logements, des commerces, des cafés, des restaurants et un complexe cinématographique de 1 500 places… Mais si l’endroit est animé les soirs de concerts (la Rockhal a accueilli 1,5 million de personnes en 10 ans), et dans la journée à l’heure du déjeuner, force est d’avouer que le nombre de salariés (4 000) et de résidents (1 400) était encore insuffisant pour véritablement animer le quartier compte tenu de l’immensité des lieux. Les allées des centres commerciaux sont « calmes ». Trop calmes. En 2012, les commerçants installés dans le centre commercial Belvalplaza n’avaient d’ailleurs pas caché leur mécontentement tant la fréquentation des lieux était loin de celle promise par le propriétaire des lieux. Une réduction significative des loyers avait alors été consentie.

C’est aujourd’hui différent. Avec, l’arrivée, à la rentrée, de plus de 2 000 étudiants à Esch-Belval mais également du personnel et des professeurs de l’Université (environ 1 000 personnes) auxquels s’ajoutent encore les personnels d’autres structures comme le LIST (Luxembourg Institute of Science and Technology, la structure emploie 700 chercheurs),la population va pratiquement doubler en quelques mois. Globalement, 9 000 personnes vont travailler, étudier, consommer et résider, pour une partie d’entre eux en tout cas, sur le site. Le monde attirant le monde (et les moyens de transport et les infrastructures routière évoluant de concert), la population ne va pas longtemps stagner. La population va pratiquement doubler en quelques mois… D’autres étudiants (l’Université en compte environ 6 500) et salariés (les implantations de bon nombre de structures liées à la recherche et à l’innovation figurent au programme) rejoindront Belval dans les années à venir. Dès 2016, des bâtiments actuellement en cours de construction comme la Maison du nombre et la Maison des arts devraient effectivement être opérationnels. Ce dynamisme n’est pas sans impact. De plus en plus d’entreprises souhaitent aujourd’hui s’installer dans le quartier qui en accueille déjà plus de 200. Le laboratoire Ketterthill, par exemple, y a investi 14 millions d’euros dans de nouveaux locaux. Les commerçants investissent de nouveau dans leurs installations tandis que les investisseurs planchent sur de nouveaux projets. En ce qui concerne le résidentiel qui a un temps tourné au ralenti, les logements se vendraient à nouveau comme des petits pains. À terme, l’ambition de Belval est d’accueillir entre 5 et 6 000 habitants et 15 000 emplois y seront créés. Du travail pour quelques années encore pour les responsables de la planification des travaux. Si ce nouveau quartier connait un nouveau souffle et change assurément de braquet, c’est également le cas de l’Université. « Le campus Belval incarnera la vision d’avenir de ce pays et enverra le signal clair que l’Université a entamé une nouvelle phase de son développement », a déclaré le nouveau recteur de l’Université, Prof. Dr Rainer Klump, lors de l’inauguration du siège de l’université, en début d’année. À Belval, bien entendu.


HISTOIRE

Dans les années 1990, le Grand-duché engage un programme ambitieux pour ses 650 hectares de friches industrielles, suite à l’arrêt de la sidérurgie. L’une des priorités de l’État est alors de désengorger la capitale qui a connu, et connait encore, un formidable développement démographique liée à la bonne santé de l’économie portée par la Place financière alors que le sud du pays est à la peine. L’emblème de cette reconversion est assurément le projet Belval, développé en lieu et place d’un site qui accueillait autrefois la plus grande usine sidérurgique du pays, entre Esch-sur-Alzette et Sanem. L’ambition sur 120 hectares a, dès le départ, été de créer un quartier (durable) et urbain – « un quartier du 21ème siècle » pour reprendre les termes d’Étienne Reuter, président d’Agora, la société en charge de planifier et de réaliser Belval-, qui accueillera du logement, des entreprises, des structures de loisirs, des commerces ainsi qu’un pôle de savoir et de recherche avec l’implantation de l’Université du Luxembourg, de centres de recherches et de laboratoires. Au fil des ans, de nombreux bâtiments, tous respectueux de l’environnement, sont ainsi sortis de terre. Aujourd’hui l’entrée « en service » de l’université lui donne un nouvel élan en y apportant de la « vie ». Mais le développement de Belval n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. La crise de 2008 a notamment freiné son développement et l’arrivée de l’Université était programmée pour 2014. Le montant total des investissements dépasse le milliard d’euros.