Eric Frasiak sort le deuxième volet d’une trilogie consacrée à François Béranger, dont le chanteur et guitariste barisien reprend dix-sept chansons libres et libertaires.

Depuis ses débuts à la fin des années 80, Eric Frasiak trace un sillon né d’influences croisées : le rock’n’roll, qui laissera ses traces électriques dans sa musique et la chanson de Ferré, Brel ou Lavilliers. Une famille de « presque frangins » où François Béranger, trésor oublié de la chanson française, fera figure de modèle. « Béranger est ma référence car il a réussi la synthèse entre rock et chanson, explique Eric Frasiak. Des textes très beaux mais déclamés sur deux accords de guitare, ça n’a jamais été mon truc ». En 2014, il sort Mon Béranger, premier volet d’une trilogie de reprises du poète libertaire emblématique des années 70.

Pour ce second volet, sobrement intitulé Mon Béranger 2, le barisien apporte une lumière nouvelle à des textes ciselés, grâce à de nouveaux arrangements et à cette voix qui parvient à nos oreilles comme celle d’un ami : juste, harmonieuse en toute simplicité. L’album débute par Le Monde bouge et Les Oiseaux mécaniques, deux titres dans la plus pure veine militante et libertaire propre à Béranger. Mais Eric Frasiak, en plongeant dans son répertoire, rappelle pour la seconde fois que le limiter à cette étiquette serait réducteur : amoureux (Dis-moi oui), contemplatif (« Comme un chromo »), drôle (« La Fille que j’aime »), parfois tout cela à la fois, souvent avec un regard affûté, tranchant ou tendre, sur le monde qui l’entoure, appréciant la vie ou appelant au combat, ainsi est Béranger. En en proposant sa propre vision, avec un son volontiers rock’n’roll, Eric Frasiak en fait un portrait fidèle et lui rend ainsi le plus beau des hommages.