Rolando Villazon © Harald Hoffmann Deutsche_Grammophon

Lancée le 24 octobre 2019, la série « Rolando raconte… » sera de retour le 19 mars à la Philharmonie Luxembourg. Le menu de ce concert narratif sera consacré au Don Quichotte de Cervantès, notamment à travers le célèbre poème éponyme de Richard Strauss dédié à ce héros fantasque de la littérature.

Quand il s’agit d’animer une soirée consacrée à la musique classique, vous pouvez compter sur Rolando Villazón. Réputé pour son enthousiasme et son énergie débordante, le célèbre ténor franco-mexicain – qui rêvait, enfant, d’épouser la prêtrise – l’est tout autant lorsqu’il s’agit d’endosser le costume de narrateur. Force est de constater que ce rôle lui va comme un gant, lui qui s’est déjà prêté à cet exercice à de nombreuses reprises, notamment le 24 octobre dernier à la Philharmonie Luxembourg, dans le cadre d’une série de concerts où il se mue en maître de cérémonie. À l’époque, le public avait eu droit à un voyage avec Mozart, un compositeur qui n’a plus de secret pour ce touche-à-tout polyglotte (il maîtrise 5 langues), qui compte parmi ses nombreuses casquettes celle de directeur artistique de la Semaine Mozart de Salzbourg, rendez-vous incontournable de la cité autrichienne, qui célèbre depuis 1959 l’enfant du pays. Rolando Villazón n’est pas sans surprises. On lui attribue de nombreux talents en dehors de sa carrière de soliste. Et avec raison puisqu’il a rencontré le succès dans d’autres domaines, aussi bien dans la mise en scène que dans l’écriture de romans ou l’animation d’émissions à la radio.

Le 19 mars prochain, soit presque 122 ans jour pour jour après sa création, le Don Quichotte de Richard Strauss (lire autre texte) sera à son tour le thème d’une soirée où il sera question d’explorer ce mythe à travers l’histoire de la musique. Rolando Villazón ne sera pas seul sous les projecteurs à l’occasion de ce rendez-vous emmenant les spectateurs sur les traces d’un des personnages les plus fantasques de la littérature. Les musiciens de l’Orchestre philharmonique du Luxembourg (OPL), emmenés par la cheffe, et compatriote du natif de Mexico, Alondra de la Parra, seront également de la partie. Tout comme l’altiste lituanien Ilan Schneider et le violoncelliste belge Ilia Laporev. Pour le reste, on peut faire confiance au ténor volcanique et volubile pour se mettre le public dans la poche. Une évidence quand on connaît sa générosité et son charisme sur scène, lui qui a toujours eu pour habitude de donner le maximum. Pertinence, vivacité et humour devraient donc être une fois encore de mise.

À noter que les absents à cette plongée musico-narrative pourront se rattraper le 10 juin. Ce jour-là, Rolando Villazón retrouvera Mozart dans le cadre d’une soirée consacrée aux figures féminines dans la vie et l’œuvre du compositeur autrichien. Tout un programme !

Jeudi 19 mars à 19h
Grand Auditorium de la Philharmonie Luxembourg
www.philharmonie.lu

De Florence à Cologne

C’est lors d’un voyage à Florence en 1896 que Richard Strauss pense pour la première fois à créer une œuvre orchestrale consacrée au héros fantasque de Miguel de Cervantès : Don Quichotte. Il imagine alors confier le rôle titre au violoncelle, alors que son fidèle serviteur Sancho Panza serait incarné par l’alto. Le poème symphonique sera joué pour la première fois à Cologne en 1898, et deux ans plus tard à Paris, où le compositeur de Macbeth sera sifflé et hué par une partie du public. Don Quichotte op. 35, sous-titré Variations fantastiques sur un thème à caractère chevaleresque, s’inscrit dans la veine de son Till l’espiègle, dans un mélange d’humour, d’absurdité et de tendresse. La plupart des aventures du chevalier, dont son combat contre les moulins à vent, y sont décrites. La mort du héros pathétique est illustrée par un glissando saisissant du violoncelle, l’orchestre autour de lui s’éteignant tout doucement.