Au plus fort de la crise du coronavirus, le Grand Est, l’une des premières régions concernées et l’une des plus durement touchées, a pu compter sur ses voisins européens.

Alors que les capacités en réanimation dans les hôpitaux et les cliniques de la région étaient en phase d’être saturées et que les transferts entre établissements au sein du Grand Est n’étaient plus en mesure d’absorber un nombre toujours croissant de patients nécessitant d’être placés sous respirateur artificiel, ce sont les voisins allemands, luxembourgeois, suisses et autrichiens qui ont proposé leur aide. Environ 150 malades, d’abord Alsaciens puis venus des hôpitaux de Moselle, ont pu bénéficier de ce dispositif. La grande majorité d’entre eux, une centaine, a été transportée par avion militaire ou hélicoptère vers les cliniques des régions frontalières comme le Bade-Wurtemberg, la Sarre et la Rhénanie-Palatinat alors moins touchées par la crise. Mais c’est ensuite tout le reste de l’Allemagne qui s’est mobilisé pour cette entraide au-delà des frontières. Hambourg, Berlin et les régions de l’Est du pays ont à leur tour accueilli des patients intubés. À Sarrebruck, Hombourg et Völklingen, une dizaine de patients français ont pu ainsi être pris en charge par les équipes médicales sarroises. Les premiers ont déjà pu rentrés chez eux guéris. Contrairement à sa voisine lorraine, la Sarre a pour l’instant été plutôt épargnée par la première vague de coronavirus. Selon le gouvernement régional, les départements de réanimations ne sont pour l’instant occupés qu’à 40 % et si la situation venait à se détériorer brutalement, la Sarre aurait la possibilité d’augmenter encore ses capacités. De plus, de nombreux soignants et membres du personnel des hôpitaux sont des frontaliers. Les médecins sarrois connaissent bien leurs collègues mosellans. Il existe déjà de nombreux échanges entre les personnels des établissements de part et d’autre de la frontière. Une coopération transfrontalière qui aura certainement largement joué dans la rapidité de la mise en œuvre des transferts de patients.