C’est un secteur déjà en difficulté depuis quelques années, et la crise du coronavirus n’a pas fait évoluer les affaires dans le bon sens : la sidérurgie, fleuron de l’industrie sarroise traverse la plus grande crise de son histoire. La seule solution pour continuer à produire dans le respect des normes environnementales européennes toujours plus contraignantes pour la branche, c’est de passer au vert. Et c’est dans cette optique que Saarstahl et Dillinger Hütte viennent d’investir 14 millions d’euros dans une installation qui devrait permettre de réduire nettement les émissions en dioxyde de carbone. Pour cela, les géants de la branche misent sur l’hydrogène. La nouvelle technologie implantée sur le site doit permettre d’injecter du gaz de cokerie riche en hydrogène afin que celui-ci prenne la place de dioxyde de carbone. À moyen terme, il est même prévu d’injecter de l’hydrogène pur dans les hauts-fourneaux. Saarstahl et Dillinger Hütte tablent sur une réduction des émissions de CO2 de près de 40 % au cours des 20 prochaines années. Les entreprises de sidérurgie sarroises qui font donc de gros investissements pour rendre leur acier vert espèrent en revanche que les pouvoirs publics soutiendront cet effort en particulier en défendant cette industrie par rapport à la concurrence chinoise qui ne respecte pas les mêmes standards sociaux et écologiques. Le gouvernement fédéral à Berlin a déjà indiqué qu’il soutiendrait les acteurs qui ont amorcé leur transition vers un acier « vert ». Reste à savoir si la Commission Européenne ira dans le même sens à ce sujet. En Sarre, la branche sidérurgique reste l’une de celles qui génère, en complètement du secteur automobile, le plus d’emplois.