SORTIE LE 28 MARS 2018

Deux mois après Pentagon Papers, Steven Spielberg débarque à nouveau sur les écrans avec un long-métrage campé dans le monde des jeux virtuels. Véritable hymne aux années 80 que ce cinéaste aussi talentueux que lucratif aura marquées de son empreinte, Ready Player One est aussi un joli clin d’œil à la culture pop.

Si la simple sortie d’un film de Steven Spielberg vous donne des palpitations, l’entame de l’année 2018 pourrait vous faire frôler l’infarctus. Deux mois à peine après son Pentagon Papers inspiré de faits réels (lire autre texte), revoilà le cinéaste le plus lucratif du 7e art dans les salles obscures, avec cette fois un long-métrage de science-fiction qui s’annonce époustouflant : Ready Player One. Ce film, qui sera peut-être celui de sa génération (celle des années 2010), s’inscrit comme une véritable ode aux années 80, que ce brave Steven aura traversées avec l’appétit carnassier L’Oasis, véritable paradis pour les dopés de la réalité virtuelle.de son requin aux dents de carton pâte en nous pondant une dizaine de fictions, dont quelques-unes ont imposé leur marque au cinéma, que l’on pense par exemple à E.T. l’extra-terrestre – qui réussit la prouesse de nous émouvoir avec un index biscornu tendu vers une très lointaine maison – ou encore la trilogie Indiana Jones, délicieux cocktail d’humour et d’aventure savamment taillé pour Harrison Ford, au point de nous faire (presque) oublier son personnage de rebelle intrépide et un tantinet macho (Han Solo) dans une autre trilogie étoilée (Star Wars). Les clins d’œil et autres références à cette décennie, mais aussi à la culture pop, sont nombreuses dans cette grosse production. De King Kong à Freddy Krueger des Griffes de la nuit, en passant par la DeLorean de Retour vers le futur ou la voiture Christine de Stephen King, ce king de Steven s’est visiblement fait plaisir au royaume des allusions ! Jusqu’à la musique, avec notamment les chansons Take On Me du groupe norvégien A-ha et World In My Eyes de Depeche Mode. 

Adapté du roman Player One écrit par Ernest Cline, qui avait été acclamé à sa sortie en 2011, la version cinématographique nous propulse en 2045. Dans ce futur assez proche de notre présent, la planète est surpeuplée et en proie à une crise énergétique due en partie au réchauffement climatique. On fait très vite connaissance avec Wade Watts, interprété par Tye Sheridan (The Tree of Life), un ado qui trouve sa seule évasion dans le monde de l’Oasis, véritable paradis pour les dopés de la réalité virtuelle. Tout s’emballe le jour où le créateur de cet univers global passe de vie à trépas, prenant toutefois soin d’avertir dans une vidéo qu’il a planqué un œuf de Pâques (ndlr : en informatique, des fonctions cachées par les développeurs dans les programmes) dans ce monde parallèle, et que celui qui mettra la main dessus prendra non seulement le contrôle de l’Oasis, mais repartira aussi avec sa fortune personnelle, colossale. Bref, un joli foutoir à l’horizon… Comme lorsque vous vendez à prix cassés un pot de Nutella. Mais en beaucoup plus fort.


L’ANNÉE SPIELBERG

En l’espace d’à peine deux mois, le public aura eu droit à deux films du natif de Cincinnati. Celui qui en compte plus de 30 à son palmarès, dont quelques incontournables comme Les dents de la mer (1975), Rencontres du troisième type (1977), E.T. l’extra-terrestre (1982) ou encore la trilogie des Indiana Jones dans les années 80, a entamé l’année 2018 avec brio avec Pentagon Papers, un long-métrage inspiré d’une histoire vraie, dans la droite ligne des Hommes du président d’Alan J. Pakula, qui revenait sur l’affaire du Watergate. Avec le sens de la mise en scène, très efficace, qu’on lui connaît, Spielberg nous replonge dans l’enquête menée en 1971 par deux journalistes du Washington Post (incarnés à l’écran par Meryl Streep et Tom Hanks), qui révéla aux citoyens américains les véritables raisons du conflit du Vietnam, ce qui contribua grandement à son rejet massif par la suite. Les documents secret défense dévoilés au grand public accusaient alors 4 présidents d’avoir menti à la nation sur cette guerre qui se solda par la mort de quelque 60 000 soldats américains et fit près de 2 millions de victimes côté vietnamien (civils et militaires).