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La concurrence bon marché venue de Chine, les nouvelles taxes douanières instaurées par les États-Unis : la branche de l’acier est confrontée en ce moment à de nombreux problèmes. En Allemagne, les régions de productions ont décidé d’allier leurs forces pour y faire face.

Fin octobre, la ville de Sarrebruck est devenue le point de ralliement des Länder allemands producteurs d’acier. Lors du premier Sommet de l’Acier, les régions de Basse-Saxe, Rhénanie du Nord Westphalie, Brême, Hambourg et la Sarre y ont signé une charte commune afin de défendre leurs intérêts. En plus du contexte international tendu avec la surproduction asiatique et les nouvelles réglementations douanières mises en place par Donald Trump, l’industrie allemande de l’acier voit d’un mauvais œil les règles toujours plus strictes au sein même de l’Union Européenne. Celle-ci prévoit de diminuer le nombre total de quotas d’émission de CO2. Le but est de réduire ces émissions de près de 40 % d’ici 2030. Cette réduction du nombre de certificats entraînera certainement une envolée du prix de la tonne d’acier et les producteurs d’acier allemands redoutent donc que cette mesure n’entraîne de gros frais supplémentaires pour leur branche. En Sarre, ce surcoût annuel pourrait atteindre les 100 millions d’euros. En s’alliant, les régions allemandes concernées espèrent peser plus lourd auprès du gouvernement fédéral à Berlin afin que celui-ci négocie à Bruxelles des dérogations ou au moins un délai supplémentaire pour la mise en application des nouveaux quotas. Les professionnels du domaine de l’acier argumentent que de par les réglementations déjà en place aujourd’hui au sein de l’Union Européenne, l’acier produit en Allemagne est déjà beaucoup moins nocif pour le climat que celui fabriqué en Chine. Pour les Länder concernés, il s’agit surtout d’un enjeu économique central sur le plan de l’emploi. Toutes régions allemandes confondues, 85 000 postes de travail sont en lien avec l’industrie sidérurgique. En Sarre, ce secteur emploie 12 000 personnes.