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Le village de Mécleuves accueille la musique du diable pour la première édition de Mécleuves, Terre de blues, festival à la programmation internationale né de la passion et de l’implication d’une bande de copains.

Philippe Manzano, président de la MJC de Frontigny-Mécleuves, et Jean-Marie Vannesson avaient dans le sang l’amour de l’engagement associatif et celui de la musique. A la fête patronale de Mécleuves, affairés derrière le barbecue, ils contemplent les alentours et se font une réflexion : « on a un champ, une gare TGV et un aéroport tout proche. C’est parfait pour organiser un festival ! » Ils convainquent le conseil municipal de remplacer le fête patronale par Mécleuves Terre de blues, capable de donner un coup de fouet à la vie locale. Les habitants seront invités, les copains répondent présent, reste à mettre en place une programmation. « Les artistes de musique blues passent toujours une émotion sur scène, il y a une âme et une vraie communion avec le public, ça nous a semblé parfait » explique Philippe Manzano. Pour cela, les organisateurs vont se tourner vers une figure locale de la musique blues : Nicolas Vallone, ex-organisateur et programmateur de Vache de blues, dont la dernière édition s’est tenue en 2016. Grâce à ses contacts, celui-ci dégote des artistes aptes à attirer les foules pour la première édition de Mécleuves Terre de blues.

La tête d’affiche : Sharrie Williams, qui a fait ses classes, comme de nombreuses voix reflétant l’âme de l’Amérique blues et soul, dans les chorales gospel de son église du Michigan. A mi-chemin entre la force d’Aretha Franklin, l’émotion de Billie Holliday et l’énergie de Tina Turer, la « Princess of Rockin’gospel blues » conquiert les États-Unis puis l’Europe, récompensée en 2012 par le prix de l’album blues de l’année de l’Académie du Jazz avec Out of the dark. Le second grand nom de Mécleuves Terre de blues est un autre diva : JJ Thames. De formation classique et jazz, elle fera du blues et de la soul ses compagnons de voyage pour transformer les virages et les accidents de la vie. Figure du blues d’aujourd’hui, elle se nourrit d’influences multiples pour rendre sa musique plus vivante que jamais. Dans un autre style, les belges Sax Gordon et Lou Berardo assureront une bonne dose de groove au public. En sideman ou sous son propre nom, Sax Gordon ressuscite la tradition « entertainment » de son modèle Gordon Beadle, entre blues, rock, jazz et soul. Un cocktail vitaminé secoué par les éclats fauves de son instrument fétiche.

Citons aussi les belges The Goon Mat et Lord Berardo, de bouillants « boogie blues men » : le premier, véritable homme orchestre, marque la cadence pour son compère, chanteur, harmoniciste et bête de scène certifiée. Enfin, quelques figures locales sont également conviées à la fête : l’incontournable Carlos Pavicich et son groupe Two minutes, trio à la forme inhabituelle avec deux basses, et Vecchi e brutti, fusion d’un groupe blues et d’une section de cuivres, deux habitués du Vache de blues qui créent ce « lien » indispensable à l’esprit d’un festival qui veut allier exigence et convivialité. « En trente ans de radio et de rencontres, j’ai pu voir qu’il se passe toujours quelque chose avec le blues, note Jean-Marie Vannesson. Nous avons beaucoup d’ambition pour notre festival, qui va se développer dans les années à venir. Il sera généreux, de qualité, on y sera bien accueillis : c’est l’essentiel pour nous. » Un chapiteau de 1 000 places sera déployé, ouvert par beau temps, entouré d’un village pour la restauration et l’accueil de quelques stands, dont des artisans. Des artistes proposeront des masterclass autour du saxophone et de l’harmonica, tandis que les apéros et after blues promettent de diffuser la musique dans les oreilles et dans les cœurs jusqu’à plus soif… le « village gaulois » de Mécleuves nous promet un sacré banquet avec au menu les échos du blues et la passion des artistes et des bénévoles. À table !

Du 7 au 9 septembre à Mécleuves
Facebook : @mecleuvesterredeblues